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Politique salariale au Burundi : la CSB et ses partenaires sonnent l’alarme pour les travailleurs à statuts spéciaux

Bujumbura, le 30 juin 2026 – Avec l’appui financier de WSM (We Social Movements), la Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB) a organisé, au Restaurant Bar La Détente, un atelier de plaidoyer consacré à la mise en œuvre effective de la politique salariale en faveur des travailleurs des institutions publiques à statuts spéciaux.

Réunissant 51 experts, responsables des ressources humaines et leaders syndicaux, cette rencontre a permis d’analyser les défis liés au gel des salaires, d’évaluer ses conséquences sur les travailleurs et le fonctionnement des institutions publiques, puis de formuler des recommandations concrètes à l’attention des pouvoirs publics.

51 experts, responsables des ressources humaines et leaders syndicaux

Dix années de gel salarial : un pouvoir d’achat en forte dégradation

Depuis 2016, les travailleurs des 131 institutions publiques à statuts spéciaux évoluent dans un contexte marqué par le gel des salaires et des avancements de carrière. Pendant que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, leur rémunération est restée pratiquement inchangée, entraînant une perte considérable de leur pouvoir d’achat.

Les données présentées au cours de l’atelier illustrent cette réalité préoccupante :

  • Le tarif minimum du transport en commun est passé de 350 FBu en 2016 à 600 FBu aujourd’hui, soit une augmentation de 71,4 %.
  • Le coût moyen des loyers a connu une hausse estimée à 300 % sur la même période.

Par ailleurs, le décret du 22 mars 2024 a remplacé les primes d’ancienneté calculées en pourcentage (3 % par an) ainsi que certaines indemnités par des montants fixes. Selon les participants, cette mesure compromet les perspectives d’évolution salariale et réduit davantage la motivation des travailleurs.

Une démotivation croissante et une fuite des compétences

Les échanges ont mis en évidence les conséquences directes de cette situation sur les institutions publiques. Le manque de reconnaissance financière favorise la démotivation du personnel, l’augmentation de l’absentéisme, la baisse de la productivité ainsi qu’une perte progressive du sens du service public.

Plus préoccupant encore, de nombreux cadres qualifiés quittent les institutions publiques pour rejoindre le secteur privé ou chercher de meilleures opportunités à l’étranger. Cette fuite des compétences affaiblit les capacités de l’administration publique et entraîne une diminution des recettes issues des cotisations sociales, notamment l’IPR, l’INSS et la MFP.

Un plaidoyer ciblé pour des solutions adaptées

Sous la coordination technique de M. Yves Batungwanayo, Coordinateur technique de la CSB, les participants ont été répartis en deux groupes afin d’élaborer des messages de plaidoyer destinés aux décideurs.

Pour les institutions financées par le budget de l’État

Les participants ont souligné que la réalisation de la Vision Burundi, Pays Émergent en 2040, passe nécessairement par la stabilisation et la motivation des ressources humaines. Un personnel valorisé constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des services publics et renforcer la performance de l’administration.

Pour les institutions génératrices de recettes

Les discussions ont également démontré que le maintien du gel salarial freine la productivité des entreprises publiques génératrices de revenus. Une politique salariale adaptée permettrait d’améliorer les performances de ces institutions et d’accroître les dividendes ainsi que les recettes fiscales au bénéfice du Trésor public.

Une feuille de route syndicale adoptée

À l’issue des travaux, les participants ont adopté une feuille de route visant à renforcer le dialogue social et à promouvoir une politique salariale plus équitable. Parmi les principales recommandations figurent :

  • la publication de la politique salariale spécifique élaborée par la Commission nationale salariale en tenant compte des préoccupations des travailleurs à statuts spéciaux ;
  • l’abrogation des mesures ayant transformé les primes d’ancienneté et les indemnités en montants fixes, afin de rétablir leur calcul en pourcentage conformément au Code du travail ;
  • le lancement d’une cartographie nationale des métiers pour garantir l’application effective du principe « À travail égal, salaire égal », conformément au Code du travail et à la Convention n°100 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ;
  • la promotion des négociations collectives sectorielles afin d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des salariés ;
  • le respect du principe des droits acquis pour l’ensemble des travailleurs concernés.

Un appel à investir dans le capital humain

En clôturant l’atelier, les participants ont rappelé qu’une politique salariale juste constitue un investissement stratégique pour le développement national. Selon eux, améliorer les conditions de rémunération des travailleurs à statuts spéciaux permettra non seulement de retenir les compétences, mais aussi de renforcer la performance des institutions publiques et d’accélérer la réalisation des ambitions économiques du Burundi.

La CSB réaffirme ainsi son engagement à poursuivre le dialogue social et le plaidoyer auprès des autorités afin que les réformes salariales répondent aux attentes légitimes des travailleurs et contribuent à la construction d’un Burundi plus performant, plus équitable et plus prospère.


Publireportage de la radio ISANGANIRO sur l’atelier de plaidoyer consacré à la mise en œuvre de la politique salariale en faveur des travailleurs des institutions publiques à statuts spéciaux

Par : Yves Batungwanayo, Coordinateur technique de la Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB).

Structuration et formalisation des travailleurs-euses des hôtels, Bars et restaurants : vers un travail décent et productif

Bujumbura, ce 19 juin 2026 – Dans le cadre de l’exécution de son programme 2022-2026, la Confédération de Syndicats Libres du Burundi (CSB), bénéficiant de l’appui technique et financier de l’ONG We Social Movements (WSM), ouvre un nouveau front crucial pour l’avancement du travail décent. Après s’être mobilisée pour les acteurs de l’économie numérique, les mécaniciens et travailleurs de l’économie ambulante, la CSB s’attaque désormais aux violations structurelles des droits des travailleurs et travailleuses du secteur de l’hôtellerie, bar et restaurant. Derrière les façades accueillantes des établissements de Bujumbura se cache une précarité multidimensionnelle et un déni global des droits humains fondamentaux.

Une précarité systémique : L’analyse globale du secteur

Selon les problèmes spécifiques des participants, la CSB dresse un diagnostic sans concession croisant leurs difficultés quotidiennes avec les quatre piliers du travail décent de l’OIT et les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU.

Problèmes spécifiques identifiés pour ces travailleurs-eusesPilier du Travail Décent bafoué (OIT)ODD non respecté(ONU)
Risques SST graves : Brûlures, coupures, chocs thermiques (cuisine/chambre froide), infections de la plonge, varices et maladies respiratoires sans gants ni masques.3. Protection sociale(Inexistence de mesures préventives et d’équipements de protection individuelle).ODD 3 : Bonne santé et bien-être.
Exploitation financière : Salaires dérisoires, obligation de rembourser la casse ou les factures des « clients filous ».1. Emploi et revenus productifs (Absence de rémunération juste, vol de salaire par des retenues abusives).ODD 1 : Pas de pauvreté.
ODD 8 : Travail décent et croissance économique.
Fraude contractuelle : Statut d’« extra permanent » pendant des années, aucun contrat écrit, licenciements instantanés sans préavis ni indemnités.2. Droits au travail (Négation de la sécurité de l’emploi et des garanties juridiques de base).ODD 8 : Travail décent.
ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces.
Abus de temps et de corps : Horaires extensibles la nuit sans majoration, polyvalence forcée, quotas de chambres intenables, fouilles corporelles humiliantes.2. Droits au travail (Atteinte à la dignité humaine et non-respect de la législation du temps de travail).ODD 8 : Travail décent.
Violence de genre et de rue : Harcèlement sexuel des serveuses par des clients ivres ou la hiérarchie. Trajets de nuit à pied à minuit sans transport, risques d’agressions.3. Protection sociale et 2. Droits au travail (Absence d’environnement de travail sûr et protecteur pour les femmes).ODD 5 : Égalité entre les sexes.
ODD 16 : Sécurité et réduction des violences.
Exclusion sociale légale : Absence totale d’affiliation à l’INSS et à la mutuelle de santé, zéro prise en charge en cas d’accident de travail.3. Protection sociale (Néant en couverture vieillesse, invalidité et couverture médicale).ODD 10 : Inégalitésréduites.
Néant démocratique : Dispersion des travailleurs, chantage à l’emploi, absence totale de cadre de dialogue ou de représentation face aux patrons.4. Dialogue social (Interdiction de fait du droit de s’organiser et de négocier).ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs.

Afin de faire face à ces défis, il a été convenu de mobiliser l’ensemble des acteurs afin qu’ils soient informés des 4 piliers du travail décent et avoir un cadre de dialogue social.

Il a été recommandé aussi d’organiser un atelier de mobilisation et sensibilisation des employeursde bars, hôtels et restaurants sur les droits fondamentaux régissant le monde du travail. 

Yves Batungwanayo

CT de la CSB

Vendeurs-euses ambulants au Burundi : La CSB se mobilise pour la dignité des « invisibles de la rue » afin qu’ils soient structurés et contribuent au développement du pays

Bujumbura, le 18 juin 2026 – Dans le cadre de l’exécution de son programme stratégique 2022-2026, la Confédération Syndicale du Burundi (CSB), avec l’appui technique et financier de We Socail Movements  (WSM), poursuit son action de formalisation des travailleurs-euses  de l’économie informelle. Un atelier de mobilisation, de formation et de restructuration syndicale s’est tenu au CEPRODILIC.

Cette rencontre a réuni quarante-six (46) travailleurs et travailleuses ambulants issus de secteurs divers : alimentation (fruits, légumes, arachides), habillement, souliers, ainsi que des distributeurs de produits de réseaux (Forever). L’enjeu : sortir ces acteurs économiques majeurs d’un cycle de violences , et de précarité absolue.

Un choix forcé par les barrières économiques

Lors des débats, les participants ont apporté une clarification sociologique majeure : l’occupation de la rue n’est pas un choix délibéré. C’est la conséquence directe du manque de capital qui les empêche de louer des magasins ou des étals au centre-ville de Bujumbura. Condamnés à la mobilité pour survivre, ils font face à un environnement hostile que la CSB a analysé scientifiquement.

Synthèse : Droits et Réalités des 46 Travailleurs-euses Ambulants

Problèmes spécifiques de la rue (Burundi)Pilier du Travail Décent bafoué (OIT)ODD non respecté (ONU)
Barrière structurelle : Manque de capital pour louer un magasin au centre-ville. Choix forcé de la rue pour survivre.1. Emploi et revenus productifs (Inaccessibilité aux infrastructures commerciales décentes).ODD 8 : Travail décent et croissance économique. ODD 11 : Villes durables et inclusives.
Asphyxie financière : Vente à perte, endettement chez les grossistes, marges dérisoires (ex: arachides).1. Emploi et revenus productifs (Aucune garantie de gain minimal ni de sécurité d’activité).ODD 1 : Pas de pauvreté.
ODD 8 : Travail décent.
Violence institutionnelle : Saisies brutales, amendes de 100 000 FBU pour récupérer les biens, emprisonnement, criminalisation.2. Droits au travail (Invisibilité juridique et manque de dignité face aux autorités).ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces (Absence de recours).
Déficit de légitimité : Crise de confiance des clients envers la qualité des produits et le statut du vendeur.2. Droits au travail (Déficit de reconnaissance et de réputation professionnelle).ODD 8 : Croissance économique freinée par la méfiance du marché.
Usure et insécurité : Épuisement du corps, maladies, harcèlement. Femmes chefs de ménage doublement pénalisées.3. Protection sociale (Zéro couverture médicale, aucune mutuelle, aucun congé).ODD 3 : Bonne santé.
ODD 5 : Égalité entre les sexes.
Isolement politique : Dispersion des vendeurs, peur des représailles, absence totale de cadre de dialogue ou de représentation.4. Dialogue social (Pas de voix collective face à la Mairie ou à l’État).ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs.

Résumé des enjeux majeurs identifiés

  • Le Piège Économique : Les travailleurs accumulent les dettes, liquident parfois à perte et subissent une méfiance des consommateurs qui dévalue la valeur réelle de leurs marchandises.
  • Le Double Châtiment : En plus de l’épuisement physique, ils peuvent être punies par des amendes de 100 000 FBU et des peines de prison, détruisant instantanément le micro-capital de survie.
  • La Double Charge Invisible : Les femmes, souvent uniques responsables de leur ménage, gèrent la survie de leurs enfants dans un climat de harcèlement constant et sans aucun filet de sécurité sociale (sans mutuelle).

L’expertise du Ministère : Baliser le chemin du droit

Pour guider les 46 délégués vers une refondation solide, un expert  du Ministère ayant le travail dans ses attributions a animé une session technique cruciale. Son intervention a permis d’apporter des réponses juridiques claires sur la doctrine organisationnelle, la feuille de route de mise en conformité et l’éthique du leadership (intégrité et courage).

L’atelier s’est conclu par un acte de constituer une organisationnelle professionnelle et structurés afin de pouvoir bénéficier les 4 piliers du travail décent et les ODD. Une mise en place d’une commission ad hoc a été mise en place pour continuer à enrichir l’idée de structuration afin qu’ils puissent répondre aux lois du pays et le travail décent dans ces 4 piliers.

Yves batungwanayo

CT de la CSB

Vendeurs d’unités de recharge et de transfert de monnaie électronique au Burundi : la CSB relance la dynamique syndicale pour sortir de l’informel

Bujumbura, le 17 juin 2026 – Dans le cadre de la mise en œuvre de son Programme stratégique 2022-2026, la Confédération Syndicale du Burundi (CSB), avec l’appui financier de l’ONG We Social Movements (WSM), a organisé un atelier de mobilisation, de sensibilisation et de structuration des vendeurs d’unités de recharge et des agents de transfert de monnaie électronique.

Tenu au CEPRODILIC, cet atelier a réuni quarante (46) délégués représentant les travailleurs du secteur. L’objectif était de renforcer l’organisation collective de ces acteurs de l’économie numérique et de redynamiser leur syndicat de base afin de lutter contre la précarité qui caractérise une activité en pleine expansion mais largement dominée par l’informalité.

Un secteur en croissance confronté à de multiples défis

Les vendeurs et gestionnaires de points de services opérant sur les plateformes de monnaie électronique telles qu’Ecocash, Lumicash, Enoti et Akaravyo jouent un rôle essentiel dans l’inclusion financière de la population burundaise. Pourtant, leur contribution à l’économie nationale contraste avec les conditions difficiles dans lesquelles ils exercent leur activité.

Au cours de l’atelier, le Coordinateur technique de la CSB a présenté une analyse des réalités du secteur à la lumière des quatre piliers du travail décent de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

L’absence de cadre contractuel

L’un des principaux constats concerne l’inexistence de relations contractuelles formelles entre les agents de terrain, les super-agents, les sociétés de télécommunications et les institutions financières partenaires.

Cette situation expose les travailleurs à de nombreuses pratiques arbitraires, notamment le blocage sans préavis des comptes de monnaie électronique (« float »), privant instantanément les agents de leur principal outil de travail sans mécanisme de recours clairement défini.

Une répartition inéquitable des revenus

Les participants ont également dénoncé les faibles commissions qui leur sont accordées malgré leur rôle central dans la chaîne de distribution des services financiers numériques.

Les chiffres présentés illustrent cette disparité :

  • Pour un transfert de 100 000 FBu, la commission totale générée est de 6 000 FBu, mais l’agent de terrain ne reçoit que 630 FBu, soit 10,5 % du montant total.
  • Pour un transfert de 500 000 FBu, la commission totale atteint 16 500 FBu, tandis que l’agent ne perçoit que 2 300 FBu, soit 13,9 %.

Ainsi, entre 86 % et 89 % de la valeur créée est captée par les opérateurs et les différents intermédiaires.

Les participants ont également souligné les difficultés liées à l’accès à la liquidité, certaines institutions financières ne fournissant pas les fonds nécessaires à l’ensemble des agents de manière équitable.

Une protection sociale inexistante

L’atelier a révélé l’absence quasi totale de protection sociale dans le secteur. Les travailleurs ne bénéficient ni d’assurance maladie, ni de mécanismes de retraite, ni de dispositifs de protection contre les risques professionnels ou sécuritaires auxquels ils sont quotidiennement exposés.

L’appui du ministère en charge du Travail

Afin de renforcer la légitimité du processus de structuration, l’atelier a bénéficié de la participation d’un haut cadre du ministère ayant le Travail dans ses attributions.

Son intervention a porté sur trois axes majeurs :

Le syndicalisme comme droit fondamental

Le facilitateur a rappelé que la liberté syndicale constitue un droit garanti par la Constitution et par les conventions internationales ratifiées par le Burundi. Il a insisté sur le rôle des organisations syndicales dans la promotion du dialogue social, de la négociation collective et de la justice sociale.

Les démarches de formalisation

Les participants ont été informés des différentes étapes nécessaires à la mise en conformité juridique de leur organisation, notamment la révision des statuts et l’obtention de la reconnaissance officielle auprès des autorités compétentes.

Le leadership au service de la gouvernance syndicale

L’expert a également mis en évidence les qualités attendues des futurs dirigeants du syndicat : intégrité, transparence dans la gestion des ressources, capacité de mobilisation, esprit de dialogue et aptitude à représenter aussi bien les agents fixes que les agents ambulants.

Un engagement ferme en faveur de l’enregistrement du syndicat

L’un des résultats majeurs de l’atelier a été l’engagement des participants à finaliser rapidement la révision de leurs textes fondateurs et à déposer officiellement leur dossier d’enregistrement auprès du ministère de tutelle.

Cette reconnaissance juridique permettra au syndicat d’acquérir la personnalité civile et de devenir un interlocuteur légitime dans les discussions avec les sociétés de télécommunications, les super-agents et les institutions financières.

Les principales revendications du secteur

Une fois l’enregistrement obtenu, le syndicat entend porter plusieurs revendications prioritaires :

  1. La mise en place de contrats d’agence écrits et standardisés entre les agents, les super-agents et les institutions financières ;
  2. La révision des grilles de commissions afin de garantir une rémunération plus équitable ;
  3. L’octroi transparent et équitable de liquidités à l’ensemble des agents ;
  4. L’instauration de mécanismes d’arbitrage et de règlement des litiges liés aux blocages de comptes, aux problèmes techniques ou aux cas d’escroquerie.

Vers un dialogue social inclusif

La CSB a réaffirmé son engagement à accompagner cette corporation dans son processus de structuration et de formalisation.

La prochaine étape consistera à organiser un cadre de dialogue réunissant l’ensemble des parties prenantes du secteur, notamment les agents de terrain, les super-agents, les sociétés de télécommunications et les institutions financières. Cette démarche vise à favoriser la recherche de solutions concertées aux défis qui affectent les travailleurs de l’économie numérique.

À travers cette initiative, la CSB réaffirme sa conviction qu’aucun travailleur ne doit être laissé en marge du travail décent et que la transformation numérique doit s’accompagner du respect des droits fondamentaux au travail.

Par Yves Batungwanayo
Coordinateur technique de la CSB

La CSB lance une campagne de structuration et de formalisation des travailleurs de l’économie informelle au Burundi : la syndicalisation au service d’un travail décent et productif

Bujumbura, Hôtel CEPRODILIC, le 16 juin 2026 – La Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB), avec l’appui de son partenaire We Social Movements (WSM), a lancé ce mardi une campagne nationale de quatre jours consacrée à la structuration, à la formalisation et à la syndicalisation des travailleurs de l’économie informelle. Cette initiative s’inscrit dans la promotion du travail décent et productif conformément aux Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 5 relatif à l’égalité entre les sexes et l’ODD 8 portant sur le travail décent et la croissance économique.

Une économie largement dominée par l’informalité

Au Burundi, l’économie informelle représente une réalité majeure du marché du travail. Selon les données de l’Institut National de la Statistique du Burundi (INS, 2023), près de 90,7 % des travailleurs exercent leurs activités dans le secteur informel.

Malgré leur contribution essentielle à l’économie nationale, ces travailleurs évoluent souvent dans des conditions précaires caractérisées par l’absence de protection sociale, l’instabilité des revenus, l’accès limité aux financements et aux marchés publics, ainsi que le manque de mécanismes de représentation et de dialogue avec les autorités publiques.

Consciente de ces défis, la CSB met en œuvre, à travers l’Axe 2 du Programme CSB–WSM 2022-2026, des actions visant à accompagner les travailleurs de l’économie informelle vers une transition progressive et inclusive vers l’économie formelle.

Première étape : renforcer l’organisation des travailleurs mécaniciens

La campagne a débuté par un atelier de formation réunissant 40 travailleurs mécaniciens issus de différents ateliers de réparation automobile de Bujumbura.

Acteurs indispensables à la mobilité des personnes et des biens, les mécaniciens font face à de nombreuses difficultés, notamment :

  • Des conditions de travail pénibles, marquées par de longues heures de travail, une faible rémunération et une exposition régulière à des produits dangereux sans équipements de protection adéquats ;
  • Un accès limité à la formation professionnelle continue, pourtant nécessaire pour suivre l’évolution technologique du secteur automobile ;
  • Des contraintes économiques importantes liées au coût des équipements, des outils de travail et des espaces d’exploitation.

L’objectif de cette première journée est de renforcer les capacités des participants afin de favoriser leur formalisation et de les accompagner dans la redynamisation d’un syndicat de base fort, représentatif et autonome.

Une campagne de quatre jours pour quatre secteurs stratégiques

La campagne se poursuivra jusqu’au 19 juin 2026 et touchera au total 160 travailleurs issus de quatre secteurs d’activités :

16 juin 2026 : Travailleurs mécaniciens ;

17 juin 2026 : Vendeurs et vendeuses d’unités de recharge téléphonique et de services de monnaie électronique ;

18 juin 2026 : Vendeurs et vendeuses ambulants ;

19 juin 2026 : Travailleurs des hôtels, bars et restaurants.

Chaque atelier réunira 40 participants et constituera une opportunité d’échanges, de sensibilisation et de renforcement des capacités en matière de droits au travail et d’organisation syndicale.

Un programme de formation orienté vers l’autonomisation

Les sessions de formation seront articulées autour de quatre modules principaux :

1. Formalisation et transition vers l’économie formelle

Présentation des avantages de la formalisation ainsi que des mécanismes prévus par la Recommandation n°204 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

2. Cadre légal et création des organisations syndicales

Analyse des dispositions du Code du travail burundais relatives à la création, à l’enregistrement et au fonctionnement des syndicats.

3. Renforcement de la valeur ajoutée de l’adhésion syndicale

Réflexion sur les services pouvant être offerts aux membres, notamment la solidarité professionnelle, l’accès aux mutuelles de santé, la défense des intérêts collectifs et la protection contre les abus.

4. Autonomie financière et gouvernance syndicale

Promotion d’un système de cotisation adapté, de la transparence financière et de l’utilisation des outils numériques dans la gestion des organisations syndicales.

Un engagement en faveur de la dignité des travailleurs

À travers cette campagne, la CSB réaffirme son engagement à promouvoir la justice sociale, la protection des travailleurs et le dialogue social au Burundi. En soutenant la structuration et la formalisation des travailleurs de l’économie informelle, l’organisation contribue à leur offrir une meilleure protection, une représentation collective efficace et des perspectives économiques durables.

La CSB invite le public à suivre quotidiennement l’évolution de cette campagne à travers son site web et ses plateformes officielles.

Yves Batungwanayo
Conseiller Technique de la CSB

3ᵉ Congrès Ordinaire de la CSB : Un nouveau leadership et une feuille de route ambitieuse pour la formalisation de l’économie informelle

La Confédération de Syndicats Libres du Burundi (CSB) a tenu ce samedi son 3ᵉ Congrès Ordinaire sous le thème inspirant : « Promouvoir la formalisation des travailleurs(euses) de l’économie informelle ».

Cet événement charnière a réuni le représentant du Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale, qui a ouvert les activités de ce congrès, le Président de la COSYBU, les partenaires au Développement dont son partenaire historique WSM, les responsables du réseau INSP!R Burundi, les cadres des institutions privées et 60 congressistes venus de tout le pays.

Transparence, réformes textuelles et cap sur l’avenir

Après les allocutions protocolaires d’ouverture, les congressistes sont entrés dans le vif des travaux institutionnels. L’accent a d’abord été mis sur la transparence et la redevabilité à travers la présentation détaillée des réalisations et des rapports financiers du mandat écoulé.

Dans une dynamique de modernisation, l’assemblée a procédé à l’amendement des Statuts et du Règlement Intérieur (ROI) de la confédération, adaptant ainsi le cadre légal de la CSB aux réalités syndicales contemporaines. Enfin, les délégués ont validé la nouvelle feuille de route stratégique pour les 5 prochaines années, traçant les lignes directrices de la lutte pour le travail décent au Burundi.

Renouveau démocratique : Élection des nouveaux dirigeants

À l’issue d’échanges riches et de débats démocratiques intenses, les congressistes ont procédé à l’élection au vote secret des nouveaux visages qui porteront la voix de la CSB. Le Bureau Exécutif est désormais piloté par Gilbert NYAWAKIRA en tant que Président et une commission spécialisée pour l’accompagner.  

Le nouveau leadership met en avant une forte structuration technique à travers douze commissions spécialisées et une commission de contrôle indépendante.

Voici la composition officielle des nouveaux organes de la CSB :

I. Bureau Exécutif

  • Président : Gilbert NYAWAKIRA
  • Vice-Président : Athanase MUSHANO
  • Secrétaire Général : Emmanuel MASHANDARI
  • Secrétaire Générale Adjointe : Rose HATUNGIMANA
  • Trésorier Général : Pamphire HABONIMANA
  • Conseil Général : Donatien SABIYUMVA

II. Commissions Spécialisées

  1. Économie Informelle : Didace NYANDWI
  2. Environnement et Changements Climatiques : Désiré SIMBIZI
  3. Normes : Salvator NDIKURIYO
  4. Développement Mutuel de Compétence et Éducation Ouvrière : Antoinette NSHIMIRIMANA
  5. Santé, Sécurité en Milieu de Travail et Lutte contre les Pandémies : Rose MPEKERIMANA
  6. Dialogue Social : Nivine IRAMBONA
  7. Femmes et Genre : Marie Viviane KIYAGO
  8. Jeunes : Felix YARANTOYE
  9. Communication et TIC : Olivier NISHIRIMBERE
  10. Emploi et Protection Sociale : Angelo GAHEMBUYE
  11. Affaires Juridiques et Contentieux : Térence NTAKARUTIMANA
  12. Élaboration de Projets: Esperance NDIHOKUBWAYO

III. Commission de Contrôle

  • Président commission de contrôle : Ildephonse ndayitwayeko
  • Vice-Présidente : Estella NIYONGERE
  • Membre : Philbert NDUWABIKE

Un mandat sous le signe de l’action

La CSB ressort de ce 3ᵉ Congrès plus unie, modernisée et outillée. Dotée d’une équipe dirigeante légitime et d’un réseau de commissions spécialisées prêtes à l’action, la confédération réaffirme son rôle de transformer l’emploi informel en emplois décents, sécurisés et protecteurs pour toutes et tous.

Yves Batungwanayo
Coordinateur technique

Un atelier pour uniformiser l’interprétation de la grille indiciaire chez les syndicats

La Confédération des syndicats libres du Burundi (CSB) a récemment organisé un atelier de développement mutuel des capacités en faveur des responsables des syndicats affiliés à cette confédération avec comme objectifs d’avoir la même lecture de la grille indiciaire, le calcul des retenues salariales  ainsi que l’échange sur les nouvelles dispositions de la politique salariale. Cela ressort d’une interview accordé par le président de la CSB, Gilbert Nyawakira.

Le président de la CSB promet que cette institution va organiser des ateliers de renforcement des capacités pour les chefs de services 

« La grille indiciaire est une matière purement technique qui n’est pas maitrisée par les fonctionnaires alors que c’était leur devoir. Elle montre comment un fonctionnaire est positionné dès son entrée en fonctions que ce soit en grade, en échelons ou en indice. Chaque fois qu’il  est coté,  le fonctionnaire doit savoir calculer d’où il vient et où il va. La cotation a des imputations positives sur l’avancement en échelons et cela se répercute sur l’avancement en indice. Si on maitrise tous ces éléments, on saura comment faire des revendications quand on a subi des injustices », a indiqué M. Nyawakira.

 Pour les chefs du personnel qui ne maitrisent pas cette matière, le président de la CSB a promis qu’un atelier sera organisé en leur faveur. «Les chefs de service sont sensés coter les employés ; c’est pour cette raison que nous devons partager avec eux la matière liée aux nouvelles dispositions de la politique salariale. On ne doute pas que cette politique salariale, ses principes, ses fondements, et sa plus value,  ne sont pas maitrisés par tout le monde parce que certains de ceux qui sont sensés coter les autres sont nouveaux dans ces fonctions. Donc, comme cette matière n’est pas encore encrée dans leur mémoire, nous promettons de rester à leur côté pour que les fonctionnaires n’en soient pas victimes », a-t-il expliqué.

L’implication des travailleurs des statuts spéciaux s’avère nécessaire

Concernant la question de la non mise en application de la politique salariale dans les institutions à statuts spéciaux, M. Nyawakira a signalé que cette question a été soumise à un niveau élevé et il a appris que le travail est amplement avancé, à tel point d’espérer que dans un avenir très proche, elle aura été mise en application.

Il a   recommandé  que les représentants des travailleurs soient associés dans les commissions qui analysent les dossiers des travailleurs parce qu’on ne peut pas concevoir ou élaborer une politique des travailleurs sans eux.

Syndicalismes en Afrique

En choisissant pour titre de ce Corpus, « Syndicalismes en Afrique » La Nouvelle Revue du Travail et les coordinateurs du numéro insistent sur le pluriel. À la fois pour souligner les formes de réinvention du syndicalisme par rapport à l’héritage capitaliste colonial et pour élargir l’éventail des modes de mobilisations des travailleurs, qu’ils soient salariés ou non.

Cliquez ici pour continuer la lecture https://journals.openedition.org/nrt/20160

Déclaration des organisations des travailleurs au Burundi, 1er mai 2025.

A l’occasion de la  celebration de la Journee Internationale du travail et des travailleurs, le 1er Mai de chaque année, c’est une occasion pour les travailleurs de s’exprimer. Ainsi,  les Confédérations de Syndicats du Burundi à savoir la « COSYBU » et la « CSB » ont fait sortir une declaration  touchant  les points ci-après qui constituent les principes et droits fondamentaux au travail :  la cherté de la vie, la politique salariale, la liberté syndicale et la protection du droit syndical, le droit à la négociation collective, le dialogue social effectif et tripartite et le renforcement des systèmes de protection sociale et création des emplois décents productifs.

1.De la cherté de la vie

 Compte tenu de la cherete de la vie, les deux confederations ont demandé  l’atténuation de la cherté de la vie en rendant  disponible et subventionner les biens et services de première nécessité comme le riz, la farine, l’huile, l’électricité, l’eau, le carburant ainsi que les services de transport et soins de santé , de contrôler les prix par des mécanismes transparents pour éviter les abus sur les marchés  et de mettre en place une fiscalité adaptée en révisant à la baisse les impôts et prélèvements sur les salaires afin d’augmenter le pouvoir d’achat, exonération fiscale sur certains biens de première nécessité   

2.Egalite de chances et de traitement (politique salariale)

 La COSYBU et la CSB apprécient l’état du processus de l’actualisation du SMIG en vertu des principes des conventions 26 et 131 sur la détermination des taux de fixations et des critères des salaires minimas ainsi qu’à l’article 2 de la convention numéro 100 qui traite l’égalité de rémunération. Même la commission des Experts de l’OIT s’en est revenu et le Gouvernement indique qu’un texte réglementaire sur le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), qui tient compte du principe d’égalité de rémunération, est en cours d’élaboration et dans ce prolongement, un atelier multisectoriel sur l’actualisation du SMIG vient d’être organisé dans la province de GITEGA en dates du 09 au 11 avril 2025.

Contrairement à cela, la COSYBU et la CSB  signalent   que les travailleurs n’ont pas été associés pour l’application de la politique salariale  dans  les institutions à statuts spéciaux  en général et dans une moindre mesure  pour les travailleurs régis par le statut général des fonctionnaires où le ministère ciblait lui-même les organisations des travailleurs avec qui  il veut négocier en évitant de mettre en place les commissions paritaires tripartites conformément à l’article 4 de la convention 100 sur l’égalité de rémunération.

A titre illustratif, l’Article 4 de la convention 100 de l’OIT exige la collaboration du Gouvernement avec les organisations d’employeurs et de travailleurs au sujet de la fixation des salaires. Les confédérations syndicales demandent toujours la négociation collective sur la politique salariale équitable applicable dans le secteur public que ça soit pour l’évaluation de cette politique et de son extension dans les établissements à statuts spéciaux.

 La négociation collective et la dialogue social  sont  aussi édictés  par l’article  5  de la convention 144 sur les consultations tripartites raison pour laquelle  les Confédérations de Syndicats du Burundi  demandent  au Gouvernement  d’organiser des consultations  sur l’évaluation de la mise en œuvre des conventions ratifiées et d’autres à ratifier  concernant les normes internationales du travail énoncées à l’article 5, paragraphe 1, de la convention ci-haut citée et la  convention 100 devrait suivre cette procédure qui fait objet de polémique face à son application.

Les Confédérations de Syndicats du Burundi demandent la révision du statut général des fonctionnaires pour le rendre conforme à la convention numéro 100, à la politique salariale et au code du travail concernant la notion du travail de valeur égale, salaire égal.

La non observation de ces dispositions ne garantit pas la légitimité et la fiabilité des résultats du travail des équipes chargées de l’évaluation de la mise en œuvre de la politique salariale et de l’application de cette politique dans les institutions à statuts spéciaux car la mise en place de ces dernières est en contradiction avec les textes qui régissent le monde du travail notamment :

  • l’article 19 de la Constitution du Burundi dispose que « Les droits et devoirs proclamés et garantis par les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme régulièrement ratifiés font partie intégrante de la Constitution. ».
  • l’article 3 de la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical précise que les organisations de travailleurs et d’employeurs ont le droit d’élaborer leurs statuts et règlements administratifs, d’élire librement leurs représentants, d’organiser leur gestion et leur activité, et de formuler leur programme d’action et les autorités publiques doivent s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à en entraver l’exercice légal. »

Le droit de négocier librement avec les employeurs au sujet des conditions de travail constitue un élément essentiel de la liberté syndicale, et les syndicats devraient avoir le droit, par le moyen de négociations collectives ou par tout autre moyen légal, de chercher à améliorer les conditions de vie et de travail de ceux qu’ils représentent, et les autorités publiques devraient s’abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit.

  • L’article 4 de la Convention n°98 de l’OIT qui rappelle que tout changement dans les accords collectifs doit se faire avec l’accord préalable des parties concernées, notamment les syndicats ;
  • L’article 4 de la convention 100 de l’OIT sur l’égalité de rémunération ;
  • L’article 5 de la Convention n° 144 de l’OIT sur la consultation tripartite qui oblige les États à impliquer les syndicats et les employeurs dans l’élaboration des politiques du travail ;
  • Les articles 16 et 17 du statut général des fonctionnaires ne sont pas toujours observés concernant la consultation des représentants des travailleurs sur la classification et la cotation des emplois ;
  • L’article 38 du code du travail qui reconnaît aux travailleurs et aux employeurs le droit de négocier librement leurs conditions de travail, y compris les salaires. Une politique salariale adoptée sans concertation violerait cette disposition ;
  • L’article 549 du Code du travail qui dispose que le Comité National du Travail est obligatoirement saisi pour examiner toute question relative au travail, à la main-d’œuvre et à l’emploi ;

3.Liberté syndicale et la protection du droit syndical.

La COSYBU et la CSB reconnaissent les avancées réalisées, notamment à travers l’adoption de nouvelles législations entre autres le code du travail, le statut général des fonctionnaires et le code de la protection sociale pour réguler les conditions de travail.

 Malgré ce cadre légal reconnu, des cas d’entraves à l’exercice syndical subsistent.

 On observe toujours des représailles contre les délégués syndicaux en ce qui concerne les licenciements, les mutations et réaffectation, la non mise en œuvre des jugements des représentants des travailleurs  et la lenteur des affaires judiciaires  inscrites dans les cours et tribunaux ,des refus d’octroi de personnalité juridique à certaines organisations syndicales et l’ingérence de certains employeurs dans les affaires syndicales, la  reconnaissance insuffisante du droit de chaque travailleur de s’organiser, de créer et d’adhérer à des syndicats sans crainte de représailles étant donné que les syndicats doivent pouvoir exercer leurs activités dans un environnement libre et sans entrave.

Dans le secteur informel et dans le secteur privé bien que certaines entreprises respectent les normes de travail, un nombre important d’employeurs ne les respectent pas d’où la nécessité d’étendre les cadres de représentation et de négociations pour la promotion des droits des travailleurs.

4.Droit à la négociation collective

La COSYBU et la CSB demandent la mise en œuvre des engagements pris dans les accords collectifs notamment l’application de l’accord du 23 février 2017 concernant la suspension de primes et d’indemnités conjoncturelles consacrées par la convention collective nationale interprofessionnelle du 3 avril 1980 et le rétablissement des conventions sectorielles supprimées par le statut général des fonctionnaires et les décrets ci-haut cités.

 La COSYBU et la CSB demandent la remise aux travailleurs des primes d’anciennetés et indemnités conjoncturelles suspendues sans concertation avec les partenaires sociaux ainsi que la régularisation du manque à gagner consécutif à cette suspension tant pour les travailleurs que pour les institutions de sécurité sociale.

La COSYBU et la CSB demandent le respect des acquis dont les ordonnances d’application du code du travail sur l’âge à la retraite et la prime d’ancienneté.

5.Dialogue social effectif et tripartite

Le dialogue social reste faible dans plusieurs secteurs. Les conventions collectives sont rares et les instances bipartites ou tripartites fonctionnent de manière irrégulière.

Les Confédérations de Syndicats du Burundi appellent à la mise en place d’un véritable dialogue social, en impliquant les syndicats, le gouvernement et les employeurs dans la recherche de solutions durables aux défis du monde du travail à travers les cadres tripartites de dialogue social notamment le CNT et le CNDS

Plusieurs mémorandums ont été adressés au chef de l’Etat sans qu’une suite appropriée n’y soit réservée

6. Renforcement des systèmes de protection sociale et création des emplois décents productifs

Les Confédérations de Syndicats du Burundi souhaitent l’élargissement de la couverture sociale aux travailleurs du secteur informel et   une amélioration de la prise en charge des travailleurs dans le secteur privé ; et recommandent au Gouvernement d’investir davantage dans les infrastructures publiques, notamment dans les secteurs en charge de la création des emplois décents et productifs.

Les Confédérations de Syndicats du Burundi sont préoccupées par la situation précaire des retraités suite aux pensions dérisoires insignifiantes contraire à la promesse du Chef de l’Etat à son investiture et à la loi n°1/09 du 14 mars 2022 portant modification de certaines dispositions de la loi n° 1 /12 du 12 mai 2020 portant code de la protection sociale au Burundi en son article 6 qui dispose que « La pension de retraite est calculée de telle manière qu’il est égal au dernier salaire net du mois précèdent celui de sa mise en retraite pour limite d’âge. » Ils sont soucieux également des mesures de suspension unilatérale de l’indemnité de fin de carrières et le traitement inéquitable des retraités du secteur public et du privé en ce qui concerne la gratuité des soins de santé dans les structures publiques.

Les travailleurs du secteur informel qui représentent une grande part de la population active, sont souvent exclus des mécanismes de protection sociale et des droits du travail. Leur précarité et leurs conditions de travail doivent être abordées par l’instauration d’un cadre législatif et d’un suivi adapté à ce secteur.

 De ce qui précède, les Confédérations de Syndicats du Burundi sollicitent :

  • La diligence dans la révision à la hausse du salaire minimum, afin qu’il soit suffisant pour assurer une vie décente pour les travailleurs. Par ailleurs, des actions doivent être menées pour garantir des conditions de travail dignes et sûres dans tous les secteurs ;
  • La révision des lois et décret, notamment la Loi Numéro 1/16 du 07 juin 2024 portant modification du décret-Loi 1/024 du 13 juillet 1989 portant cadre organique des administrations personnalisées de l’Etat ,la Loi Numéro 1/16 du 07 juin2024 portant modification du  décret-loi N° 1/023 du 26 juillet 1988 portant cadre organique des établissements publics burundais ; et  le  décret  n° 100/050 du 22 Mars 2024 portant  harmonisation des modes d’avancement de grades, primes et indemnités, ainsi que des bonifications de titres dans les institutions Publiques à statuts  spéciaux ,adoptés sans un dialogue effectif avec les partenaires sociaux, en particulier les syndicats  contrevient au droit à la négociation collective et aux avantages obtenus par les accords collectifs antérieurs ;
  • De sursoir l’application de la politique salariale aux institutions à statuts spéciaux en attendant la fin de l’évaluation de la politique salariale et la mise en place des Salaires Minima ;
  • La révision du statut général des fonctionnaires pour corriger des incohérences   notamment liées au principe de l’égalité de rémunération pour un travail de « valeur égale salaire égale », évolution de la carrière et   le départ à la retraite ;
  • Intégration des représentants des travailleurs dans les différentes commissions et respecter le principe de parité ;
  • La remise aux travailleurs des primes d’anciennetés et indemnités conjoncturelles suspendues sans concertation avec les partenaires sociaux ainsi que la régularisation du manque à gagner consécutif à cette suspension tant pour les travailleurs que pour les institutions de sécurité sociale ;
  • La mise en œuvre des engagements pris dans les accords collectifs notamment l’application de l’accord du 23 février 2017 concernant la suspension de primes et d’indemnités conjoncturelles consacrées par la convention collective nationale interprofessionnelle du 3 avril 1980 et le rétablissement de tous les accords et conventions sectoriels ;
  • Le rétablissement dans leurs droits des travailleurs qui ont subi du harcèlement et des représentants des travailleurs qui ont gagné des procès ;
  • La promotion des conventions collective sectorielles ;
  • Le rehaussement   du niveau de pension de retraite, la restauration de l’indemnité de fin de carrière   et l’harmonisation de la gratuité des soins pour les retraités du secteur public et du privé.

Formalisation : Transition de l’économie informelle vers l’économie formelle : formalisation pour la syndicalisation

Afin de permettre aux travailleurs d’atteindre les 4 piliers du travail décent, la Confédération des Syndicats libres du Burundi (CSB), avec l’appui de WSM (We Social Mouvements), a organisé ce lundi le 16 décembre 2024 à Bujumbura, hôtel CEPRODILIC, un atelier de mobilisation et sensibilisation des travailleurs non structurés pour qu’ils quittent le secteur informel vers le secteur formel : Vers la structuration, la professionnalisation et la syndicalisation pour un travail décent et productif.

Les cibles visées étaient de deux catégories. Les travailleurs mécaniciens et vendeurs des unités de recharge et transfert de monnaie électronique.

Pour le choix de ces groupes cibles ?

1. Vendeurs des Unités :

Ainsi, les vendeurs d’unités de recharge et de transfert de monnaie électronique (transferts des unités, transferts de monnaie électronique comme Ecocash, Lumicash, Enoti, Akaravyo,etc ) rencontrent souvent des situations problématiques qui affectent leur activité. Nous pouvons citer :

  • La forte dépendance aux opérateurs, qui peuvent modifier unilatéralement (absence de dialogue Social) les commissions mais aussi qui peuvent imposer des frais élevés ou des objectifs de vente plus élevés, ce qui limite les revenus de ces travailleurs effectuant les opérations de recharge ou de transfert.  
  • D’autres risques sont imminents entre autre risques liés à la liquidité (disposition d’un équilibre constant entre monnaie électronique et espèces) plafond fixé sans concertation, etc
  •  Inexistence de protection sociale ou juridique pour ces travailleurs (ils n’ont généralement de couverture sociale (contrat de travail, assurance maladie, retraite).En cas de litige avec un client ou un opérateur, ils disposent rarement d’un recours juridique clair. De même, ils sont  exposés à des risques liés aux  clients frauduleux (faux transferts, arnaques), aux  vols ou braquages, car ils manipulent des liquidités.
  • Etc…

Malgré tous ces problèmes, ce sont des travailleurs indépendants ou individuels, ils ne sont pas organisés, ils ne sont pas structurés, ils n’ont pas un organe de plaidoyer pour negocier des conditions de travail favorable pour l’intérêt du travail et des travailleurs. Ils ont besoins de pouvoir négocier des commissions pour garantir une rémunération plus équitable, d’être formés pour le renforcement de leurs compétences, d’avoir un cadre de dialogue social pour gérer les litiges ou accéder à des fonds de roulement, de se syndiquer afin d’accéder à des droits sociaux.

2. Travailleurs mécaniciens :

Les travailleurs mécaniciens sont eux aussi classés dans les groupes de travailleurs de petits métiers non structurés. Ils rencontrent beaucoup de défis liés aux conditions de travail   dont :

  •  Horaires exigeants : Les mécaniciens travaillent souvent de longues heures, y compris les week-ends et les jours fériés sans contre partie avec la rémunération
  • Exposition à des substances toxiques (huiles, solvants, etc.) et à des machines lourdes  qui peut entraîner des risques pour la santé.
  • Fatigue physique : Le travail manuel prolongé, notamment dans des positions inconfortables, peut provoquer des troubles musculo-squelettiques : aucune forme de sécurité au travail
  • Les salaires des mécaniciens sont souvent considérés comme bas par rapport à la technicité du métier et aux exigences physiques qu’il impose.
  • Absence de formations et évolution professionnelle  parfois coûteuses et continues
  • Beaucoup de mécaniciens n’ont pas accès à des programmes de formation adaptées, ce qui peut limiter leur compétitivité sur le marché
  • Le métier est parfois perçu comme peu valorisant, bien que les mécaniciens jouent un rôle essentiel dans la sécurité et la mobilité de tous
  • Le manque de reconnaissance peut affecter la motivation et l’estime de soi.
  • Problèmes économiques pour les indépendants : les mécaniciens à leur compte doivent faire face à des charges financières importantes, notamment les coûts de l’équipement, de l’espace de travail et des licences
  • La concurrence avec de grandes entreprises ou des franchises peut rendre leur activité difficilement rentable
  •  Impact des nouvelles technologies : Les véhicules modernes nécessitent des compétences en informatique et en électronique. Les mécaniciens qui n’évoluent pas risquent de perdre leur emploi.

C’est ainsi qu’ils ont besoin d’être organisés afin :

  • Améliorer les conditions de travail : Fournir des équipements ergonomiques et des mesures de sécurité renforcées.
  • Augmenter les salaires : Valoriser les mécaniciens en ajustant leur rémunération en fonction de leurs compétences et de leur expérience
  • Favoriser la formation continue : Proposer des formations subventionnées pour maîtriser les nouvelles technologies
  • Renforcer la reconnaissance du métier : Mener des campagnes pour sensibiliser le public à l’importance de leur rôle
  • Avoir un cadre de dialogue social
  • Bénéficier des appuis des partenaires sociaux pour le renforcement des capacités, leurs doter des  kits de protections individuelles, etc.

C’est ainsi que la CSB en partenariat avec WSM a organisé un atelier de mobilisation et sensibilisation des travailleurs non structurés pour qu’ils quittent le secteur informel vers le secteur formel : Vers la structuration, la professionnalisation et la syndicalisation pour un travail décent et productif.

Objectif général de l’atelier :

Constituer les syndicats des travailleurs du secteur informel pour la structuration et la professionnalisation.

Objectifs spécifiques

Accompagner les travailleurs transférants les unités et la monnaie électronique à travers les téléphones pour la tenue d’une Assemblée Générale constituant le Syndicat des travailleurs des services de transferts de la monnaie électronique et des unités au Burundi

Accompagner les travailleurs Mécaniciens du Burundi pour la tenue d’une Assemblée Générale constituant le    Syndicat des Travailleurs Mécaniciens du Burundi

La constitution du syndicat des travailleurs mécaniciens et élection des organes

Résultats atteints :

  • Une Assemblée Générale constituante du syndicat National des Mécaniciens du Burundi a été tenue avec élection du comité Exécutif ;
  • Une Assemblée Générale constituante du syndicat des travailleurs de transferts des unités de recharge et la monnaie électronique du Burundi (SYTRAMEBU) avec élection du comité Exécutif 

Une feuille de route a été tracée pour finaliser le processus de demande d’enregistrement.