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DÉCLARATION DES CONFÉDÉRATIONS SYNDICALES DU BURUNDI SUR LA SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE ACTUELLE

En date du 26 Août 2026, les Confédérations Syndicales du Burundi « COSYBU et CSB » ont fait sortir une déclaration sur la situation socio-économique du pays. Ainsi, Les deux centrales syndicales suivent avec une attention particulière l’évolution de la situation socio-économique de notre pays et expriment leur profonde préoccupation face à certains phénomènes qui affectent de manière croissante les conditions de vie et de travail des populations.

En tant que représentants légitimes des travailleurs et acteurs du dialogue social,  elles considèrent qu’il est de leur responsabilité d’alerter les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et l’ensemble de la société sur les difficultés auxquelles sont confrontées les populations et de contribuer à la recherche de solutions durables.

Les Confédérations syndicales constatent avec une vive inquiétude la récurrence des incendies qui touchent, depuis plusieurs années, des marchés, magasins, boutiques, entrepôts et autres lieux de commerce à travers différentes localités du pays.

Ces incendies constituent une menace importante pour les moyens de subsistance de milliers de familles et pour l’économie nationale.

Au-delà des pertes matérielles directement enregistrées, ces catastrophes entraînent notamment :

  • la destruction des marchandises, équipements et outils de travail ;
  • la perte de revenus et d’emplois pour de nombreux travailleurs ;
  • l’endettement accru des commerçants et des familles victimes ;
  • des difficultés de remboursement des crédits contractés auprès des institutions financières et bancaires ;
  • des pertes pour les institutions financières qui ont accordé des crédits pour l’initiation et réalisation des activités commerciales ;
  • une diminution des recettes fiscales et, par conséquent, des ressources du Trésor public ;
  • la perturbation des circuits d’approvisionnement et de distribution ;
  • l’aggravation de la précarité et de la pauvreté des ménages concernés ;
  • la perte de confiance dans les investissements et les activités commerciales ;
  • ainsi qu’un profond sentiment d’incertitude et d’inquiétude quant à l’avenir.

Les Confédérations Syndicales du Burundi estiment qu’une telle situation ne peut être considérée comme une succession de faits isolés.

À cet égard, nous demandons :

  • la réalisation d’enquêtes approfondies, indépendantes et transparentes sur les causes exactes des différents incendies de marchés et autres lieux de commerce enregistrés à travers le pays, notamment depuis les années 2010 ;
  • la publication, dans des délais raisonnables, des résultats des enquêtes, dans le respect des procédures judiciaires et des droits des personnes concernées ;
  • dès que des responsabilités sont établies, des mesures appropriées doivent être prises conformément à la législation en vigueur ;
  • le renforcement des mesures de prévention et de sécurité contre les incendies, notamment dans les marchés, centres commerciaux, entrepôts et autres lieux accueillant un nombre important de travailleurs et de citoyens ;
  • le renforcement des capacités des services chargés de la prévention et de la lutte contre les incendies, notamment en équipements, personnel, moyens d’intervention et accessibilité aux différents lieux de commerce ;
  • la mise en place de mécanismes efficaces permettant d’alerter rapidement les autorités et les services d’intervention en cas de sinistre ;
  • l’élaboration d’un mécanisme national d’assistance aux victimes des incendies, comprenant, selon les possibilités de l’État et des partenaires, une aide financière, un accompagnement social, la facilitation de l’accès au crédit et la reconstruction des activités économiques détruites ;
  • la réflexion sur des mécanismes d’assurance adaptés aux petits commerçants et travailleurs de l’économie informelle, afin de réduire leur vulnérabilité face aux catastrophes.

Les Confédérations syndicales sont également préoccupées par la persistance de la pénurie de carburant et par ses effets sur l’économie et sur la vie quotidienne des citoyens.

La disponibilité régulière du carburant constitue un élément essentiel du fonctionnement de l’économie nationale.

La pénurie persistante entraîne notamment :

  • la perturbation du transport des personnes et des marchandises ;
  • l’augmentation des coûts de transport ;
  • la hausse du prix de nombreux biens et services ;
  • des difficultés d’accès aux lieux de travail ;
  • la diminution du pouvoir d’achat des travailleurs et des ménages ;
  • des retards et perturbations dans les activités des entreprises et des administrations ;
  • des difficultés pour les agriculteurs, les commerçants et les petits entrepreneurs ;
  • une augmentation des charges supportées par les entreprises ;
  • des conséquences négatives sur l’emploi et les revenus ;
  • et, plus largement, une aggravation du coût de la vie.

Cette situation affecte particulièrement les travailleurs dont les revenus ne suivent pas nécessairement l’évolution du coût de la vie.

Elle risque également de compromettre les efforts visant à améliorer les conditions de vie et de travail de la population.

Face à cette situation, les Confédérations Syndicales demandent l’ouverture d’un dialogue social national inclusif et permanent sur la question de l’approvisionnement en carburant et sur ses conséquences socio-économiques.

Ce dialogue devrait réunir notamment :

  • les pouvoirs publics ;
  • le Comité National de Dialogue Social
  • les organisations syndicales ;
  • les organisations d’employeurs ;
  • les autres partenaires sociaux ;
  • les représentants de la société civile ;
  • les acteurs du secteur des transports ;
  • les experts économiques et énergétiques ;
  • ainsi que toute autre partie prenante pertinente.

L’objectif devrait être de rechercher ensemble des solutions immédiates, à moyen et à long terme, afin de réduire les effets négatifs de la pénurie et de prévenir la répétition de telles crises.

Les Confédérations Syndicales proposent notamment que ce dialogue examine :

  • les causes structurelles de la pénurie ;
  • les mécanismes d’approvisionnement et de distribution ;
  • les mesures permettant d’assurer une disponibilité régulière des produits pétroliers ;
  • l’impact du coût du carburant sur les prix des biens et services ;
  • les conséquences sur les salaires et le pouvoir d’achat ;
  • les mesures de protection des travailleurs et des ménages les plus vulnérables ;
  • ainsi que les stratégies de diversification énergétique et de réduction de la vulnérabilité de l’économie nationale.

Les Confédérations Syndicales du Burundi COSYBU et CSB estiment que les défis actuels nécessitent transparence, responsabilité, solidarité et dialogue.

La protection des moyens de subsistance des citoyens, la sauvegarde des emplois, la préservation du pouvoir d’achat et l’amélioration des conditions de vie et de travail doivent demeurer au cœur des politiques publiques.

Nous invitons donc le Gouvernement, le CNDS, les employeurs, les syndicats, la société civile, les experts et l’ensemble des forces vives de la Nation à conjuguer leurs efforts afin de construire des réponses efficaces, efficientes, concertées et durables aux difficultés actuelles.

Les travailleurs et la population burundaise ont besoin de solutions, de sécurité économique et de perspectives pour l’avenir.

Les Confédérations Syndicales du Burundi réaffirment leur disponibilité à contribuer, dans un esprit constructif et patriotique, à toute démarche de dialogue permettant de répondre à ces préoccupations et de promouvoir un développement économique et social inclusif, équitable et durable.

Les Confédérations Syndicales Burundaises ont le rôle stratégique dans la réalisation de la vision Burundi, Pays émergent en 2040 et Pays développé en 2060. Elles ne devraient pas être considérées uniquement comme des organisations de défense des intérêts professionnels, mais comme des acteurs du développement national et du dialogue social.

Elles doivent représenter les travailleurs dans la transformation structurelle de l’économie nationale pour une croissance économique forte, durable, résiliente, inclusive et créatrice d’emplois décents.

Vive un Burundi digne et prospère

Vive le dialogue social inclusif

Vive le travail décent

Ce communique a été signé par les présidents de ces deux confédérations de travailleurs.

Politique salariale au Burundi : la CSB et ses partenaires sonnent l’alarme pour les travailleurs à statuts spéciaux

Bujumbura, le 30 juin 2026 – Avec l’appui financier de WSM (We Social Movements), la Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB) a organisé, au Restaurant Bar La Détente, un atelier de plaidoyer consacré à la mise en œuvre effective de la politique salariale en faveur des travailleurs des institutions publiques à statuts spéciaux.

Réunissant 51 experts, responsables des ressources humaines et leaders syndicaux, cette rencontre a permis d’analyser les défis liés au gel des salaires, d’évaluer ses conséquences sur les travailleurs et le fonctionnement des institutions publiques, puis de formuler des recommandations concrètes à l’attention des pouvoirs publics.

51 experts, responsables des ressources humaines et leaders syndicaux

Dix années de gel salarial : un pouvoir d’achat en forte dégradation

Depuis 2016, les travailleurs des 131 institutions publiques à statuts spéciaux évoluent dans un contexte marqué par le gel des salaires et des avancements de carrière. Pendant que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, leur rémunération est restée pratiquement inchangée, entraînant une perte considérable de leur pouvoir d’achat.

Les données présentées au cours de l’atelier illustrent cette réalité préoccupante :

  • Le tarif minimum du transport en commun est passé de 350 FBu en 2016 à 600 FBu aujourd’hui, soit une augmentation de 71,4 %.
  • Le coût moyen des loyers a connu une hausse estimée à 300 % sur la même période.

Par ailleurs, le décret du 22 mars 2024 a remplacé les primes d’ancienneté calculées en pourcentage (3 % par an) ainsi que certaines indemnités par des montants fixes. Selon les participants, cette mesure compromet les perspectives d’évolution salariale et réduit davantage la motivation des travailleurs.

Une démotivation croissante et une fuite des compétences

Les échanges ont mis en évidence les conséquences directes de cette situation sur les institutions publiques. Le manque de reconnaissance financière favorise la démotivation du personnel, l’augmentation de l’absentéisme, la baisse de la productivité ainsi qu’une perte progressive du sens du service public.

Plus préoccupant encore, de nombreux cadres qualifiés quittent les institutions publiques pour rejoindre le secteur privé ou chercher de meilleures opportunités à l’étranger. Cette fuite des compétences affaiblit les capacités de l’administration publique et entraîne une diminution des recettes issues des cotisations sociales, notamment l’IPR, l’INSS et la MFP.

Un plaidoyer ciblé pour des solutions adaptées

Sous la coordination technique de M. Yves Batungwanayo, Coordinateur technique de la CSB, les participants ont été répartis en deux groupes afin d’élaborer des messages de plaidoyer destinés aux décideurs.

Pour les institutions financées par le budget de l’État

Les participants ont souligné que la réalisation de la Vision Burundi, Pays Émergent en 2040, passe nécessairement par la stabilisation et la motivation des ressources humaines. Un personnel valorisé constitue un levier essentiel pour améliorer la qualité des services publics et renforcer la performance de l’administration.

Pour les institutions génératrices de recettes

Les discussions ont également démontré que le maintien du gel salarial freine la productivité des entreprises publiques génératrices de revenus. Une politique salariale adaptée permettrait d’améliorer les performances de ces institutions et d’accroître les dividendes ainsi que les recettes fiscales au bénéfice du Trésor public.

Une feuille de route syndicale adoptée

À l’issue des travaux, les participants ont adopté une feuille de route visant à renforcer le dialogue social et à promouvoir une politique salariale plus équitable. Parmi les principales recommandations figurent :

  • la publication de la politique salariale spécifique élaborée par la Commission nationale salariale en tenant compte des préoccupations des travailleurs à statuts spéciaux ;
  • l’abrogation des mesures ayant transformé les primes d’ancienneté et les indemnités en montants fixes, afin de rétablir leur calcul en pourcentage conformément au Code du travail ;
  • le lancement d’une cartographie nationale des métiers pour garantir l’application effective du principe « À travail égal, salaire égal », conformément au Code du travail et à la Convention n°100 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ;
  • la promotion des négociations collectives sectorielles afin d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des salariés ;
  • le respect du principe des droits acquis pour l’ensemble des travailleurs concernés.

Un appel à investir dans le capital humain

En clôturant l’atelier, les participants ont rappelé qu’une politique salariale juste constitue un investissement stratégique pour le développement national. Selon eux, améliorer les conditions de rémunération des travailleurs à statuts spéciaux permettra non seulement de retenir les compétences, mais aussi de renforcer la performance des institutions publiques et d’accélérer la réalisation des ambitions économiques du Burundi.

La CSB réaffirme ainsi son engagement à poursuivre le dialogue social et le plaidoyer auprès des autorités afin que les réformes salariales répondent aux attentes légitimes des travailleurs et contribuent à la construction d’un Burundi plus performant, plus équitable et plus prospère.


Publireportage de la radio ISANGANIRO sur l’atelier de plaidoyer consacré à la mise en œuvre de la politique salariale en faveur des travailleurs des institutions publiques à statuts spéciaux

Par : Yves Batungwanayo, Coordinateur technique de la Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB).

La Solidarité : Pilier de Cohésion Sociale et Réponse aux Défis Mondiaux

La solidarité est une valeur fondamentale qui anime les sociétés humaines depuis des siècles. Elle repose sur le principe de soutien mutuel et d’entraide, où les individus et les communautés se tiennent aux côtés des plus vulnérables et des nécessiteux. Dans un monde marqué par la diversité et les défis complexes, la solidarité joue un rôle crucial en favorisant la cohésion sociale et en répondant aux besoins mondiaux les plus urgents.

Tout d’abord, la solidarité est essentielle pour promouvoir la justice sociale et réduire les inégalités. En reconnaissant notre interdépendance en tant qu’êtres humains, nous sommes appelés à agir en solidarité avec ceux qui sont confrontés à l’adversité économique, sociale ou politique. Cela peut se traduire par des politiques de redistribution des richesses, des programmes d’aide sociale et des initiatives visant à garantir l’accès équitable aux opportunités et aux ressources.

De plus, la solidarité joue un rôle crucial dans la réponse aux crises humanitaires et aux catastrophes naturelles. Face à l’urgence, les actes de solidarité permettent de sauver des vies, de soulager la souffrance et de reconstruire des communautés dévastées. Que ce soit par le biais de dons financiers, de bénévolat sur le terrain ou de soutien psychosocial, la solidarité se manifeste à travers des actions concrètes qui témoignent de notre engagement envers notre humanité commune.

En outre, la solidarité transcende les frontières nationales et unit les peuples du monde entier dans la lutte contre les défis mondiaux. Des problèmes tels que le changement climatique, les pandémies et les conflits armés exigent une réponse collective et solidaire. En unissant nos forces et en partageant nos ressources, nous pouvons surmonter ces défis et bâtir un avenir plus sûr et plus durable pour tous.

Cependant, la solidarité n’est pas seulement une question de secours en cas de crise. Elle implique également un engagement à long terme envers la justice sociale, la coopération internationale et la protection des droits humains. Cela nécessite un changement de mentalité, où nous reconnaissons que notre destinée est liée à celle des autres et que notre bien-être dépend de la prospérité et du bonheur de tous.

En conclusion, la solidarité est un principe fondamental qui guide nos actions individuelles et collectives dans la construction d’un monde meilleur et plus juste. En cultivant la solidarité dans nos communautés, nos sociétés et nos relations internationales, nous pouvons créer un monde où chaque individu est soutenu, respecté et valorisé, et où personne n’est laissé pour compte.