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Structuration et formalisation des travailleurs-euses des hôtels, Bars et restaurants : vers un travail décent et productif

Bujumbura, ce 19 juin 2026 – Dans le cadre de l’exécution de son programme 2022-2026, la Confédération de Syndicats Libres du Burundi (CSB), bénéficiant de l’appui technique et financier de l’ONG We Social Movements (WSM), ouvre un nouveau front crucial pour l’avancement du travail décent. Après s’être mobilisée pour les acteurs de l’économie numérique, les mécaniciens et travailleurs de l’économie ambulante, la CSB s’attaque désormais aux violations structurelles des droits des travailleurs et travailleuses du secteur de l’hôtellerie, bar et restaurant. Derrière les façades accueillantes des établissements de Bujumbura se cache une précarité multidimensionnelle et un déni global des droits humains fondamentaux.

Une précarité systémique : L’analyse globale du secteur

Selon les problèmes spécifiques des participants, la CSB dresse un diagnostic sans concession croisant leurs difficultés quotidiennes avec les quatre piliers du travail décent de l’OIT et les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU.

Problèmes spécifiques identifiés pour ces travailleurs-eusesPilier du Travail Décent bafoué (OIT)ODD non respecté(ONU)
Risques SST graves : Brûlures, coupures, chocs thermiques (cuisine/chambre froide), infections de la plonge, varices et maladies respiratoires sans gants ni masques.3. Protection sociale(Inexistence de mesures préventives et d’équipements de protection individuelle).ODD 3 : Bonne santé et bien-être.
Exploitation financière : Salaires dérisoires, obligation de rembourser la casse ou les factures des « clients filous ».1. Emploi et revenus productifs (Absence de rémunération juste, vol de salaire par des retenues abusives).ODD 1 : Pas de pauvreté.
ODD 8 : Travail décent et croissance économique.
Fraude contractuelle : Statut d’« extra permanent » pendant des années, aucun contrat écrit, licenciements instantanés sans préavis ni indemnités.2. Droits au travail (Négation de la sécurité de l’emploi et des garanties juridiques de base).ODD 8 : Travail décent.
ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces.
Abus de temps et de corps : Horaires extensibles la nuit sans majoration, polyvalence forcée, quotas de chambres intenables, fouilles corporelles humiliantes.2. Droits au travail (Atteinte à la dignité humaine et non-respect de la législation du temps de travail).ODD 8 : Travail décent.
Violence de genre et de rue : Harcèlement sexuel des serveuses par des clients ivres ou la hiérarchie. Trajets de nuit à pied à minuit sans transport, risques d’agressions.3. Protection sociale et 2. Droits au travail (Absence d’environnement de travail sûr et protecteur pour les femmes).ODD 5 : Égalité entre les sexes.
ODD 16 : Sécurité et réduction des violences.
Exclusion sociale légale : Absence totale d’affiliation à l’INSS et à la mutuelle de santé, zéro prise en charge en cas d’accident de travail.3. Protection sociale (Néant en couverture vieillesse, invalidité et couverture médicale).ODD 10 : Inégalitésréduites.
Néant démocratique : Dispersion des travailleurs, chantage à l’emploi, absence totale de cadre de dialogue ou de représentation face aux patrons.4. Dialogue social (Interdiction de fait du droit de s’organiser et de négocier).ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs.

Afin de faire face à ces défis, il a été convenu de mobiliser l’ensemble des acteurs afin qu’ils soient informés des 4 piliers du travail décent et avoir un cadre de dialogue social.

Il a été recommandé aussi d’organiser un atelier de mobilisation et sensibilisation des employeursde bars, hôtels et restaurants sur les droits fondamentaux régissant le monde du travail. 

Yves Batungwanayo

CT de la CSB

Vendeurs-euses ambulants au Burundi : La CSB se mobilise pour la dignité des « invisibles de la rue » afin qu’ils soient structurés et contribuent au développement du pays

Bujumbura, le 18 juin 2026 – Dans le cadre de l’exécution de son programme stratégique 2022-2026, la Confédération Syndicale du Burundi (CSB), avec l’appui technique et financier de We Socail Movements  (WSM), poursuit son action de formalisation des travailleurs-euses  de l’économie informelle. Un atelier de mobilisation, de formation et de restructuration syndicale s’est tenu au CEPRODILIC.

Cette rencontre a réuni quarante-six (46) travailleurs et travailleuses ambulants issus de secteurs divers : alimentation (fruits, légumes, arachides), habillement, souliers, ainsi que des distributeurs de produits de réseaux (Forever). L’enjeu : sortir ces acteurs économiques majeurs d’un cycle de violences , et de précarité absolue.

Un choix forcé par les barrières économiques

Lors des débats, les participants ont apporté une clarification sociologique majeure : l’occupation de la rue n’est pas un choix délibéré. C’est la conséquence directe du manque de capital qui les empêche de louer des magasins ou des étals au centre-ville de Bujumbura. Condamnés à la mobilité pour survivre, ils font face à un environnement hostile que la CSB a analysé scientifiquement.

Synthèse : Droits et Réalités des 46 Travailleurs-euses Ambulants

Problèmes spécifiques de la rue (Burundi)Pilier du Travail Décent bafoué (OIT)ODD non respecté (ONU)
Barrière structurelle : Manque de capital pour louer un magasin au centre-ville. Choix forcé de la rue pour survivre.1. Emploi et revenus productifs (Inaccessibilité aux infrastructures commerciales décentes).ODD 8 : Travail décent et croissance économique. ODD 11 : Villes durables et inclusives.
Asphyxie financière : Vente à perte, endettement chez les grossistes, marges dérisoires (ex: arachides).1. Emploi et revenus productifs (Aucune garantie de gain minimal ni de sécurité d’activité).ODD 1 : Pas de pauvreté.
ODD 8 : Travail décent.
Violence institutionnelle : Saisies brutales, amendes de 100 000 FBU pour récupérer les biens, emprisonnement, criminalisation.2. Droits au travail (Invisibilité juridique et manque de dignité face aux autorités).ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces (Absence de recours).
Déficit de légitimité : Crise de confiance des clients envers la qualité des produits et le statut du vendeur.2. Droits au travail (Déficit de reconnaissance et de réputation professionnelle).ODD 8 : Croissance économique freinée par la méfiance du marché.
Usure et insécurité : Épuisement du corps, maladies, harcèlement. Femmes chefs de ménage doublement pénalisées.3. Protection sociale (Zéro couverture médicale, aucune mutuelle, aucun congé).ODD 3 : Bonne santé.
ODD 5 : Égalité entre les sexes.
Isolement politique : Dispersion des vendeurs, peur des représailles, absence totale de cadre de dialogue ou de représentation.4. Dialogue social (Pas de voix collective face à la Mairie ou à l’État).ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs.

Résumé des enjeux majeurs identifiés

  • Le Piège Économique : Les travailleurs accumulent les dettes, liquident parfois à perte et subissent une méfiance des consommateurs qui dévalue la valeur réelle de leurs marchandises.
  • Le Double Châtiment : En plus de l’épuisement physique, ils peuvent être punies par des amendes de 100 000 FBU et des peines de prison, détruisant instantanément le micro-capital de survie.
  • La Double Charge Invisible : Les femmes, souvent uniques responsables de leur ménage, gèrent la survie de leurs enfants dans un climat de harcèlement constant et sans aucun filet de sécurité sociale (sans mutuelle).

L’expertise du Ministère : Baliser le chemin du droit

Pour guider les 46 délégués vers une refondation solide, un expert  du Ministère ayant le travail dans ses attributions a animé une session technique cruciale. Son intervention a permis d’apporter des réponses juridiques claires sur la doctrine organisationnelle, la feuille de route de mise en conformité et l’éthique du leadership (intégrité et courage).

L’atelier s’est conclu par un acte de constituer une organisationnelle professionnelle et structurés afin de pouvoir bénéficier les 4 piliers du travail décent et les ODD. Une mise en place d’une commission ad hoc a été mise en place pour continuer à enrichir l’idée de structuration afin qu’ils puissent répondre aux lois du pays et le travail décent dans ces 4 piliers.

Yves batungwanayo

CT de la CSB

La CSB lance une campagne de structuration et de formalisation des travailleurs de l’économie informelle au Burundi : la syndicalisation au service d’un travail décent et productif

Bujumbura, Hôtel CEPRODILIC, le 16 juin 2026 – La Confédération des Syndicats Libres du Burundi (CSB), avec l’appui de son partenaire We Social Movements (WSM), a lancé ce mardi une campagne nationale de quatre jours consacrée à la structuration, à la formalisation et à la syndicalisation des travailleurs de l’économie informelle. Cette initiative s’inscrit dans la promotion du travail décent et productif conformément aux Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 5 relatif à l’égalité entre les sexes et l’ODD 8 portant sur le travail décent et la croissance économique.

Une économie largement dominée par l’informalité

Au Burundi, l’économie informelle représente une réalité majeure du marché du travail. Selon les données de l’Institut National de la Statistique du Burundi (INS, 2023), près de 90,7 % des travailleurs exercent leurs activités dans le secteur informel.

Malgré leur contribution essentielle à l’économie nationale, ces travailleurs évoluent souvent dans des conditions précaires caractérisées par l’absence de protection sociale, l’instabilité des revenus, l’accès limité aux financements et aux marchés publics, ainsi que le manque de mécanismes de représentation et de dialogue avec les autorités publiques.

Consciente de ces défis, la CSB met en œuvre, à travers l’Axe 2 du Programme CSB–WSM 2022-2026, des actions visant à accompagner les travailleurs de l’économie informelle vers une transition progressive et inclusive vers l’économie formelle.

Première étape : renforcer l’organisation des travailleurs mécaniciens

La campagne a débuté par un atelier de formation réunissant 40 travailleurs mécaniciens issus de différents ateliers de réparation automobile de Bujumbura.

Acteurs indispensables à la mobilité des personnes et des biens, les mécaniciens font face à de nombreuses difficultés, notamment :

  • Des conditions de travail pénibles, marquées par de longues heures de travail, une faible rémunération et une exposition régulière à des produits dangereux sans équipements de protection adéquats ;
  • Un accès limité à la formation professionnelle continue, pourtant nécessaire pour suivre l’évolution technologique du secteur automobile ;
  • Des contraintes économiques importantes liées au coût des équipements, des outils de travail et des espaces d’exploitation.

L’objectif de cette première journée est de renforcer les capacités des participants afin de favoriser leur formalisation et de les accompagner dans la redynamisation d’un syndicat de base fort, représentatif et autonome.

Une campagne de quatre jours pour quatre secteurs stratégiques

La campagne se poursuivra jusqu’au 19 juin 2026 et touchera au total 160 travailleurs issus de quatre secteurs d’activités :

16 juin 2026 : Travailleurs mécaniciens ;

17 juin 2026 : Vendeurs et vendeuses d’unités de recharge téléphonique et de services de monnaie électronique ;

18 juin 2026 : Vendeurs et vendeuses ambulants ;

19 juin 2026 : Travailleurs des hôtels, bars et restaurants.

Chaque atelier réunira 40 participants et constituera une opportunité d’échanges, de sensibilisation et de renforcement des capacités en matière de droits au travail et d’organisation syndicale.

Un programme de formation orienté vers l’autonomisation

Les sessions de formation seront articulées autour de quatre modules principaux :

1. Formalisation et transition vers l’économie formelle

Présentation des avantages de la formalisation ainsi que des mécanismes prévus par la Recommandation n°204 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

2. Cadre légal et création des organisations syndicales

Analyse des dispositions du Code du travail burundais relatives à la création, à l’enregistrement et au fonctionnement des syndicats.

3. Renforcement de la valeur ajoutée de l’adhésion syndicale

Réflexion sur les services pouvant être offerts aux membres, notamment la solidarité professionnelle, l’accès aux mutuelles de santé, la défense des intérêts collectifs et la protection contre les abus.

4. Autonomie financière et gouvernance syndicale

Promotion d’un système de cotisation adapté, de la transparence financière et de l’utilisation des outils numériques dans la gestion des organisations syndicales.

Un engagement en faveur de la dignité des travailleurs

À travers cette campagne, la CSB réaffirme son engagement à promouvoir la justice sociale, la protection des travailleurs et le dialogue social au Burundi. En soutenant la structuration et la formalisation des travailleurs de l’économie informelle, l’organisation contribue à leur offrir une meilleure protection, une représentation collective efficace et des perspectives économiques durables.

La CSB invite le public à suivre quotidiennement l’évolution de cette campagne à travers son site web et ses plateformes officielles.

Yves Batungwanayo
Conseiller Technique de la CSB

3ᵉ Congrès Ordinaire de la CSB : Un nouveau leadership et une feuille de route ambitieuse pour la formalisation de l’économie informelle

La Confédération de Syndicats Libres du Burundi (CSB) a tenu ce samedi son 3ᵉ Congrès Ordinaire sous le thème inspirant : « Promouvoir la formalisation des travailleurs(euses) de l’économie informelle ».

Cet événement charnière a réuni le représentant du Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale, qui a ouvert les activités de ce congrès, le Président de la COSYBU, les partenaires au Développement dont son partenaire historique WSM, les responsables du réseau INSP!R Burundi, les cadres des institutions privées et 60 congressistes venus de tout le pays.

Transparence, réformes textuelles et cap sur l’avenir

Après les allocutions protocolaires d’ouverture, les congressistes sont entrés dans le vif des travaux institutionnels. L’accent a d’abord été mis sur la transparence et la redevabilité à travers la présentation détaillée des réalisations et des rapports financiers du mandat écoulé.

Dans une dynamique de modernisation, l’assemblée a procédé à l’amendement des Statuts et du Règlement Intérieur (ROI) de la confédération, adaptant ainsi le cadre légal de la CSB aux réalités syndicales contemporaines. Enfin, les délégués ont validé la nouvelle feuille de route stratégique pour les 5 prochaines années, traçant les lignes directrices de la lutte pour le travail décent au Burundi.

Renouveau démocratique : Élection des nouveaux dirigeants

À l’issue d’échanges riches et de débats démocratiques intenses, les congressistes ont procédé à l’élection au vote secret des nouveaux visages qui porteront la voix de la CSB. Le Bureau Exécutif est désormais piloté par Gilbert NYAWAKIRA en tant que Président et une commission spécialisée pour l’accompagner.  

Le nouveau leadership met en avant une forte structuration technique à travers douze commissions spécialisées et une commission de contrôle indépendante.

Voici la composition officielle des nouveaux organes de la CSB :

I. Bureau Exécutif

  • Président : Gilbert NYAWAKIRA
  • Vice-Président : Athanase MUSHANO
  • Secrétaire Général : Emmanuel MASHANDARI
  • Secrétaire Générale Adjointe : Rose HATUNGIMANA
  • Trésorier Général : Pamphire HABONIMANA
  • Conseil Général : Donatien SABIYUMVA

II. Commissions Spécialisées

  1. Économie Informelle : Didace NYANDWI
  2. Environnement et Changements Climatiques : Désiré SIMBIZI
  3. Normes : Salvator NDIKURIYO
  4. Développement Mutuel de Compétence et Éducation Ouvrière : Antoinette NSHIMIRIMANA
  5. Santé, Sécurité en Milieu de Travail et Lutte contre les Pandémies : Rose MPEKERIMANA
  6. Dialogue Social : Nivine IRAMBONA
  7. Femmes et Genre : Marie Viviane KIYAGO
  8. Jeunes : Felix YARANTOYE
  9. Communication et TIC : Olivier NISHIRIMBERE
  10. Emploi et Protection Sociale : Angelo GAHEMBUYE
  11. Affaires Juridiques et Contentieux : Térence NTAKARUTIMANA
  12. Élaboration de Projets: Esperance NDIHOKUBWAYO

III. Commission de Contrôle

  • Président commission de contrôle : Ildephonse ndayitwayeko
  • Vice-Présidente : Estella NIYONGERE
  • Membre : Philbert NDUWABIKE

Un mandat sous le signe de l’action

La CSB ressort de ce 3ᵉ Congrès plus unie, modernisée et outillée. Dotée d’une équipe dirigeante légitime et d’un réseau de commissions spécialisées prêtes à l’action, la confédération réaffirme son rôle de transformer l’emploi informel en emplois décents, sécurisés et protecteurs pour toutes et tous.

Yves Batungwanayo
Coordinateur technique

Un atelier pour uniformiser l’interprétation de la grille indiciaire chez les syndicats

La Confédération des syndicats libres du Burundi (CSB) a récemment organisé un atelier de développement mutuel des capacités en faveur des responsables des syndicats affiliés à cette confédération avec comme objectifs d’avoir la même lecture de la grille indiciaire, le calcul des retenues salariales  ainsi que l’échange sur les nouvelles dispositions de la politique salariale. Cela ressort d’une interview accordé par le président de la CSB, Gilbert Nyawakira.

Le président de la CSB promet que cette institution va organiser des ateliers de renforcement des capacités pour les chefs de services 

« La grille indiciaire est une matière purement technique qui n’est pas maitrisée par les fonctionnaires alors que c’était leur devoir. Elle montre comment un fonctionnaire est positionné dès son entrée en fonctions que ce soit en grade, en échelons ou en indice. Chaque fois qu’il  est coté,  le fonctionnaire doit savoir calculer d’où il vient et où il va. La cotation a des imputations positives sur l’avancement en échelons et cela se répercute sur l’avancement en indice. Si on maitrise tous ces éléments, on saura comment faire des revendications quand on a subi des injustices », a indiqué M. Nyawakira.

 Pour les chefs du personnel qui ne maitrisent pas cette matière, le président de la CSB a promis qu’un atelier sera organisé en leur faveur. «Les chefs de service sont sensés coter les employés ; c’est pour cette raison que nous devons partager avec eux la matière liée aux nouvelles dispositions de la politique salariale. On ne doute pas que cette politique salariale, ses principes, ses fondements, et sa plus value,  ne sont pas maitrisés par tout le monde parce que certains de ceux qui sont sensés coter les autres sont nouveaux dans ces fonctions. Donc, comme cette matière n’est pas encore encrée dans leur mémoire, nous promettons de rester à leur côté pour que les fonctionnaires n’en soient pas victimes », a-t-il expliqué.

L’implication des travailleurs des statuts spéciaux s’avère nécessaire

Concernant la question de la non mise en application de la politique salariale dans les institutions à statuts spéciaux, M. Nyawakira a signalé que cette question a été soumise à un niveau élevé et il a appris que le travail est amplement avancé, à tel point d’espérer que dans un avenir très proche, elle aura été mise en application.

Il a   recommandé  que les représentants des travailleurs soient associés dans les commissions qui analysent les dossiers des travailleurs parce qu’on ne peut pas concevoir ou élaborer une politique des travailleurs sans eux.

Syndicalismes en Afrique

En choisissant pour titre de ce Corpus, « Syndicalismes en Afrique » La Nouvelle Revue du Travail et les coordinateurs du numéro insistent sur le pluriel. À la fois pour souligner les formes de réinvention du syndicalisme par rapport à l’héritage capitaliste colonial et pour élargir l’éventail des modes de mobilisations des travailleurs, qu’ils soient salariés ou non.

Cliquez ici pour continuer la lecture https://journals.openedition.org/nrt/20160

Formalisation : Transition de l’économie informelle vers l’économie formelle : formalisation pour la syndicalisation

Afin de permettre aux travailleurs d’atteindre les 4 piliers du travail décent, la Confédération des Syndicats libres du Burundi (CSB), avec l’appui de WSM (We Social Mouvements), a organisé ce lundi le 16 décembre 2024 à Bujumbura, hôtel CEPRODILIC, un atelier de mobilisation et sensibilisation des travailleurs non structurés pour qu’ils quittent le secteur informel vers le secteur formel : Vers la structuration, la professionnalisation et la syndicalisation pour un travail décent et productif.

Les cibles visées étaient de deux catégories. Les travailleurs mécaniciens et vendeurs des unités de recharge et transfert de monnaie électronique.

Pour le choix de ces groupes cibles ?

1. Vendeurs des Unités :

Ainsi, les vendeurs d’unités de recharge et de transfert de monnaie électronique (transferts des unités, transferts de monnaie électronique comme Ecocash, Lumicash, Enoti, Akaravyo,etc ) rencontrent souvent des situations problématiques qui affectent leur activité. Nous pouvons citer :

  • La forte dépendance aux opérateurs, qui peuvent modifier unilatéralement (absence de dialogue Social) les commissions mais aussi qui peuvent imposer des frais élevés ou des objectifs de vente plus élevés, ce qui limite les revenus de ces travailleurs effectuant les opérations de recharge ou de transfert.  
  • D’autres risques sont imminents entre autre risques liés à la liquidité (disposition d’un équilibre constant entre monnaie électronique et espèces) plafond fixé sans concertation, etc
  •  Inexistence de protection sociale ou juridique pour ces travailleurs (ils n’ont généralement de couverture sociale (contrat de travail, assurance maladie, retraite).En cas de litige avec un client ou un opérateur, ils disposent rarement d’un recours juridique clair. De même, ils sont  exposés à des risques liés aux  clients frauduleux (faux transferts, arnaques), aux  vols ou braquages, car ils manipulent des liquidités.
  • Etc…

Malgré tous ces problèmes, ce sont des travailleurs indépendants ou individuels, ils ne sont pas organisés, ils ne sont pas structurés, ils n’ont pas un organe de plaidoyer pour negocier des conditions de travail favorable pour l’intérêt du travail et des travailleurs. Ils ont besoins de pouvoir négocier des commissions pour garantir une rémunération plus équitable, d’être formés pour le renforcement de leurs compétences, d’avoir un cadre de dialogue social pour gérer les litiges ou accéder à des fonds de roulement, de se syndiquer afin d’accéder à des droits sociaux.

2. Travailleurs mécaniciens :

Les travailleurs mécaniciens sont eux aussi classés dans les groupes de travailleurs de petits métiers non structurés. Ils rencontrent beaucoup de défis liés aux conditions de travail   dont :

  •  Horaires exigeants : Les mécaniciens travaillent souvent de longues heures, y compris les week-ends et les jours fériés sans contre partie avec la rémunération
  • Exposition à des substances toxiques (huiles, solvants, etc.) et à des machines lourdes  qui peut entraîner des risques pour la santé.
  • Fatigue physique : Le travail manuel prolongé, notamment dans des positions inconfortables, peut provoquer des troubles musculo-squelettiques : aucune forme de sécurité au travail
  • Les salaires des mécaniciens sont souvent considérés comme bas par rapport à la technicité du métier et aux exigences physiques qu’il impose.
  • Absence de formations et évolution professionnelle  parfois coûteuses et continues
  • Beaucoup de mécaniciens n’ont pas accès à des programmes de formation adaptées, ce qui peut limiter leur compétitivité sur le marché
  • Le métier est parfois perçu comme peu valorisant, bien que les mécaniciens jouent un rôle essentiel dans la sécurité et la mobilité de tous
  • Le manque de reconnaissance peut affecter la motivation et l’estime de soi.
  • Problèmes économiques pour les indépendants : les mécaniciens à leur compte doivent faire face à des charges financières importantes, notamment les coûts de l’équipement, de l’espace de travail et des licences
  • La concurrence avec de grandes entreprises ou des franchises peut rendre leur activité difficilement rentable
  •  Impact des nouvelles technologies : Les véhicules modernes nécessitent des compétences en informatique et en électronique. Les mécaniciens qui n’évoluent pas risquent de perdre leur emploi.

C’est ainsi qu’ils ont besoin d’être organisés afin :

  • Améliorer les conditions de travail : Fournir des équipements ergonomiques et des mesures de sécurité renforcées.
  • Augmenter les salaires : Valoriser les mécaniciens en ajustant leur rémunération en fonction de leurs compétences et de leur expérience
  • Favoriser la formation continue : Proposer des formations subventionnées pour maîtriser les nouvelles technologies
  • Renforcer la reconnaissance du métier : Mener des campagnes pour sensibiliser le public à l’importance de leur rôle
  • Avoir un cadre de dialogue social
  • Bénéficier des appuis des partenaires sociaux pour le renforcement des capacités, leurs doter des  kits de protections individuelles, etc.

C’est ainsi que la CSB en partenariat avec WSM a organisé un atelier de mobilisation et sensibilisation des travailleurs non structurés pour qu’ils quittent le secteur informel vers le secteur formel : Vers la structuration, la professionnalisation et la syndicalisation pour un travail décent et productif.

Objectif général de l’atelier :

Constituer les syndicats des travailleurs du secteur informel pour la structuration et la professionnalisation.

Objectifs spécifiques

Accompagner les travailleurs transférants les unités et la monnaie électronique à travers les téléphones pour la tenue d’une Assemblée Générale constituant le Syndicat des travailleurs des services de transferts de la monnaie électronique et des unités au Burundi

Accompagner les travailleurs Mécaniciens du Burundi pour la tenue d’une Assemblée Générale constituant le    Syndicat des Travailleurs Mécaniciens du Burundi

La constitution du syndicat des travailleurs mécaniciens et élection des organes

Résultats atteints :

  • Une Assemblée Générale constituante du syndicat National des Mécaniciens du Burundi a été tenue avec élection du comité Exécutif ;
  • Une Assemblée Générale constituante du syndicat des travailleurs de transferts des unités de recharge et la monnaie électronique du Burundi (SYTRAMEBU) avec élection du comité Exécutif 

Une feuille de route a été tracée pour finaliser le processus de demande d’enregistrement.

L’Accompagnement et l’Assistance des Travailleurs en Situation de Précarité

L’accompagnement et l’assistance des travailleurs à situation de précarité : suite à la faiblesse du revenu pour la majorité des travailleurs pour se payer un professionnel de droit, la CSB considère qu’assister les travailleurs dont leurs droits ont été bafoués consiste un droit pour les affiliés à la CSB. C’est ainsi que la CSB a mis dans son programme le service d’accompagnent juridique et judiciaire qui est gratuit au profil des affiliés.

Dans de nombreuses sociétés, la précarité au travail reste une réalité alarmante, mettant en péril la dignité et la sécurité économique de nombreux individus. Face à cette problématique, l’accompagnement et l’assistance des travailleurs en situation de précarité sont devenus des impératifs sociaux et économiques, nécessitant une action concertée de la part des gouvernements, des entreprises et de la société civile.

Premièrement, il est crucial de reconnaître que la précarité au travail prend différentes formes, allant de l’emploi informel et mal rémunéré à la sous-traitance abusive et à l’absence de protection sociale. Ces réalités affectent des millions de travailleurs à travers le monde, les exposant à des conditions de travail dangereuses, à des salaires insuffisants et à une instabilité professionnelle chronique.

Face à ces défis, l’accompagnement et l’assistance des travailleurs en situation de précarité doivent être abordés de manière holistique, en tenant compte des multiples dimensions de cette problématique. Cela implique de fournir un soutien financier, social et professionnel aux travailleurs vulnérables, afin de les aider à surmonter les obstacles qui entravent leur accès à des emplois décents et sécurisés.

Un aspect crucial de l’accompagnement des travailleurs précaires est la formation et le développement des compétences. En investissant dans l’éducation et la formation professionnelle, les travailleurs peuvent acquérir les compétences nécessaires pour accéder à des emplois de meilleure qualité et s’adapter aux évolutions du marché du travail. De plus, la formation continue peut leur permettre de progresser dans leur carrière et d’améliorer leur situation financière à long terme.

Parallèlement, l’assistance sociale et financière est également essentielle pour soutenir les travailleurs en situation de précarité. Cela peut inclure l’accès à des filets de sécurité sociale tels que l’assurance chômage, les congés maladie rémunérés et les pensions de retraite, ainsi que des programmes d’aide sociale pour les travailleurs et leurs familles en situation de besoin.

En outre, il est impératif de renforcer la protection des droits des travailleurs et de lutter contre l’exploitation et les abus sur le lieu de travail. Cela nécessite une application rigoureuse des lois du travail, ainsi que des mesures de sensibilisation et de prévention pour éliminer les pratiques préjudiciables telles que le travail forcé, le travail des enfants et la discrimination.

En conclusion, l’accompagnement et l’assistance des travailleurs en situation de précarité sont des impératifs sociaux et économiques qui nécessitent une action urgente et concertée. En investissant dans l’éducation, la formation, la protection sociale et la lutte contre l’exploitation, nous pouvons créer un environnement où chaque individu a la possibilité de travailler dans des conditions dignes et sécurisées, contribuant ainsi à bâtir des sociétés plus justes et plus inclusives.

La Mutualisation : Un Modèle Collaboratif pour Renforcer les Communautés

La mutualisation communautaire est un concept qui repose sur le partage des ressources, des compétences et des efforts au sein d’une communauté pour répondre aux besoins collectifs et renforcer le bien-être de ses membres. Ce modèle collaboratif offre de nombreux avantages en favorisant l’autonomie, la solidarité et la résilience au niveau local.

Tout d’abord, la mutualisation communautaire permet d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles en les mettant en commun. Que ce soit en partageant des outils, des équipements, des espaces de travail ou des compétences, les membres de la communauté peuvent bénéficier d’une plus grande efficacité et d’une réduction des coûts en mutualisant leurs ressources. Cela permet également de réduire le gaspillage et de promouvoir une utilisation plus durable des ressources naturelles.

En outre, la mutualisation communautaire favorise le renforcement des liens sociaux et de la cohésion au sein de la communauté. En travaillant ensemble pour résoudre les problèmes locaux et améliorer la qualité de vie, les membres de la communauté développent un sentiment d’appartenance et de solidarité mutuelle. Cela peut également favoriser l’émergence de réseaux de soutien et de collaboration qui renforcent la résilience face aux défis économiques, sociaux et environnementaux.

Par ailleurs, la mutualisation communautaire offre des avantages en termes de développement économique local. En encourageant la coopération entre les entreprises et les entrepreneurs locaux, elle peut favoriser l’émergence de nouveaux projets et initiatives économiques qui bénéficient à l’ensemble de la communauté. De plus, en favorisant l’accès équitable aux ressources et aux opportunités, elle contribue à réduire les inégalités et à promouvoir une croissance plus inclusive.

Cependant, la mutualisation communautaire peut également présenter des défis, notamment en termes de coordination, de gestion des conflits et de durabilité à long terme. Pour maximiser ses avantages et minimiser ses inconvénients, il est important d’adopter des pratiques de gouvernance participative, transparente et démocratique, qui permettent à tous les membres de la communauté de contribuer équitablement et de prendre part aux décisions qui les concernent.

En conclusion, la mutualisation communautaire est un modèle prometteur pour renforcer les communautés et promouvoir un développement durable et équitable. En encourageant le partage des ressources, des compétences et des efforts au niveau local, elle offre une approche collaborative pour répondre aux besoins collectifs et renforcer le bien-être de tous. Pour exploiter pleinement son potentiel, il est crucial de promouvoir une culture de collaboration, de solidarité et de responsabilité partagée au sein des communautés.

La Formalisation : Un Pilier de Développement Économique et Social

La CSB considère la transition de l’économie informelle vers l’économie formelle comme une condition nécessaire pour pouvoir atteindre d’autres objectifs extrêmement importants (en lien avec les ODD 1,5,8,10 et 17). Ce n’est pas un objectif en soi mais une obligation.  En effet, faute de formalisation, l’accès au travail décent reste illusoire.  La formalisation   permet d’accroître productivité aux entreprises et en leur assurant un meilleur accès aux marchés, contribue à leur durabilité et  favorise une concurrence loyale sur les marchés nationaux et internationaux.

Elle profite à la société puisque dans son ensemble car elle permet de renforcer le champ d’action du gouvernement, notamment en permettant une augmentation des recettes publiques et un renforcement de l’état de droit.

Elle contribue également à l’avènement de sociétés plus équitables en répartissant de manière plus équilibrée droits et obligations entre ses membres. La formalisation des entreprises est également l’une des conditions permettant d’assurer une protection adéquate en matière sociale et du travail à leurs salariés.  Elle contribue à réduire la pauvreté et permet de garantir une plus grande égalité entre les personnes. ( ODDs 5 et 8)

La formalisation, dans le contexte économique et social, renvoie au processus par lequel les activités, les entreprises et les relations de travail sont régularisées et intégrées dans le cadre juridique et institutionnel d’un pays. Ce processus revêt une importance capitale pour le développement économique et social, offrant des avantages tant aux individus qu’à la société dans son ensemble.

Tout d’abord, la formalisation favorise la création d’emplois décents et durables. En permettant aux entreprises et aux travailleurs informels d’accéder aux marchés formels, elle stimule la croissance économique et réduit le chômage en offrant des opportunités d’emploi stable et bien rémunéré. De plus, la formalisation permet aux travailleurs d’avoir accès à la protection sociale, aux régimes de retraite et aux droits du travail, ce qui renforce leur sécurité économique et sociale.

En outre, la formalisation contribue à accroître les recettes fiscales et à renforcer la gouvernance économique. En intégrant les entreprises informelles dans l’économie formelle, les gouvernements peuvent élargir leur assiette fiscale et accroître leurs ressources pour financer les services publics essentiels tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. De plus, la formalisation permet de lutter contre l’évasion fiscale et la fraude, renforçant ainsi la transparence et la légitimité des institutions publiques.

Par ailleurs, la formalisation favorise la protection des droits des travailleurs et la promotion du travail décent. En éliminant les pratiques informelles et précaires, elle réduit l’exploitation, les abus et les discriminations sur le lieu de travail, garantissant ainsi le respect des normes internationales du travail et des droits fondamentaux des travailleurs. De plus, la formalisation peut contribuer à réduire les inégalités en offrant des opportunités égales d’emploi et de progression professionnelle pour tous.

Cependant, la formalisation peut également présenter des défis, notamment pour les petites entreprises et les travailleurs informels qui peuvent être confrontés à des coûts administratifs et à des exigences réglementaires élevés. Pour surmonter ces défis, il est essentiel de mettre en place des politiques et des programmes qui soutiennent la transition vers la formalisation, en offrant un accompagnement technique, un accès au financement et des incitations fiscales pour encourager la conformité.

En conclusion, la formalisation est un processus essentiel pour promouvoir le développement économique et social durable. En intégrant les entreprises et les travailleurs informels dans l’économie formelle, elle contribue à créer des emplois décents, à renforcer les recettes fiscales et à protéger les droits des travailleurs. Pour maximiser ses avantages et réduire ses défis, il est crucial d’adopter une approche inclusive et progressive qui garantisse que personne n’est laissé pour compte dans ce processus de transformation économique et sociale.