Bujumbura, le 18 juin 2026 – Dans le cadre de l’exécution de son programme stratégique 2022-2026, la Confédération Syndicale du Burundi (CSB), avec l’appui technique et financier de We Socail Movements (WSM), poursuit son action de formalisation des travailleurs-euses de l’économie informelle. Un atelier de mobilisation, de formation et de restructuration syndicale s’est tenu au CEPRODILIC.

Cette rencontre a réuni quarante-six (46) travailleurs et travailleuses ambulants issus de secteurs divers : alimentation (fruits, légumes, arachides), habillement, souliers, ainsi que des distributeurs de produits de réseaux (Forever). L’enjeu : sortir ces acteurs économiques majeurs d’un cycle de violences , et de précarité absolue.
Un choix forcé par les barrières économiques
Lors des débats, les participants ont apporté une clarification sociologique majeure : l’occupation de la rue n’est pas un choix délibéré. C’est la conséquence directe du manque de capital qui les empêche de louer des magasins ou des étals au centre-ville de Bujumbura. Condamnés à la mobilité pour survivre, ils font face à un environnement hostile que la CSB a analysé scientifiquement.
Synthèse : Droits et Réalités des 46 Travailleurs-euses Ambulants
| Problèmes spécifiques de la rue (Burundi) | Pilier du Travail Décent bafoué (OIT) | ODD non respecté (ONU) |
| Barrière structurelle : Manque de capital pour louer un magasin au centre-ville. Choix forcé de la rue pour survivre. | 1. Emploi et revenus productifs (Inaccessibilité aux infrastructures commerciales décentes). | ODD 8 : Travail décent et croissance économique. ODD 11 : Villes durables et inclusives. |
| Asphyxie financière : Vente à perte, endettement chez les grossistes, marges dérisoires (ex: arachides). | 1. Emploi et revenus productifs (Aucune garantie de gain minimal ni de sécurité d’activité). | ODD 1 : Pas de pauvreté. ODD 8 : Travail décent. |
| Violence institutionnelle : Saisies brutales, amendes de 100 000 FBU pour récupérer les biens, emprisonnement, criminalisation. | 2. Droits au travail (Invisibilité juridique et manque de dignité face aux autorités). | ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces (Absence de recours). |
| Déficit de légitimité : Crise de confiance des clients envers la qualité des produits et le statut du vendeur. | 2. Droits au travail (Déficit de reconnaissance et de réputation professionnelle). | ODD 8 : Croissance économique freinée par la méfiance du marché. |
| Usure et insécurité : Épuisement du corps, maladies, harcèlement. Femmes chefs de ménage doublement pénalisées. | 3. Protection sociale (Zéro couverture médicale, aucune mutuelle, aucun congé). | ODD 3 : Bonne santé. ODD 5 : Égalité entre les sexes. |
| Isolement politique : Dispersion des vendeurs, peur des représailles, absence totale de cadre de dialogue ou de représentation. | 4. Dialogue social (Pas de voix collective face à la Mairie ou à l’État). | ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs. |
Résumé des enjeux majeurs identifiés
- Le Piège Économique : Les travailleurs accumulent les dettes, liquident parfois à perte et subissent une méfiance des consommateurs qui dévalue la valeur réelle de leurs marchandises.
- Le Double Châtiment : En plus de l’épuisement physique, ils peuvent être punies par des amendes de 100 000 FBU et des peines de prison, détruisant instantanément le micro-capital de survie.
- La Double Charge Invisible : Les femmes, souvent uniques responsables de leur ménage, gèrent la survie de leurs enfants dans un climat de harcèlement constant et sans aucun filet de sécurité sociale (sans mutuelle).
L’expertise du Ministère : Baliser le chemin du droit
Pour guider les 46 délégués vers une refondation solide, un expert du Ministère ayant le travail dans ses attributions a animé une session technique cruciale. Son intervention a permis d’apporter des réponses juridiques claires sur la doctrine organisationnelle, la feuille de route de mise en conformité et l’éthique du leadership (intégrité et courage).
L’atelier s’est conclu par un acte de constituer une organisationnelle professionnelle et structurés afin de pouvoir bénéficier les 4 piliers du travail décent et les ODD. Une mise en place d’une commission ad hoc a été mise en place pour continuer à enrichir l’idée de structuration afin qu’ils puissent répondre aux lois du pays et le travail décent dans ces 4 piliers.









Yves batungwanayo
CT de la CSB
