Bujumbura, ce 19 juin 2026 – Dans le cadre de l’exécution de son programme 2022-2026, la Confédération de Syndicats Libres du Burundi (CSB), bénéficiant de l’appui technique et financier de l’ONG We Social Movements (WSM), ouvre un nouveau front crucial pour l’avancement du travail décent. Après s’être mobilisée pour les acteurs de l’économie numérique, les mécaniciens et travailleurs de l’économie ambulante, la CSB s’attaque désormais aux violations structurelles des droits des travailleurs et travailleuses du secteur de l’hôtellerie, bar et restaurant. Derrière les façades accueillantes des établissements de Bujumbura se cache une précarité multidimensionnelle et un déni global des droits humains fondamentaux.

Une précarité systémique : L’analyse globale du secteur
Selon les problèmes spécifiques des participants, la CSB dresse un diagnostic sans concession croisant leurs difficultés quotidiennes avec les quatre piliers du travail décent de l’OIT et les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU.
| Problèmes spécifiques identifiés pour ces travailleurs-euses | Pilier du Travail Décent bafoué (OIT) | ODD non respecté(ONU) |
| Risques SST graves : Brûlures, coupures, chocs thermiques (cuisine/chambre froide), infections de la plonge, varices et maladies respiratoires sans gants ni masques. | 3. Protection sociale(Inexistence de mesures préventives et d’équipements de protection individuelle). | ODD 3 : Bonne santé et bien-être. |
| Exploitation financière : Salaires dérisoires, obligation de rembourser la casse ou les factures des « clients filous ». | 1. Emploi et revenus productifs (Absence de rémunération juste, vol de salaire par des retenues abusives). | ODD 1 : Pas de pauvreté. ODD 8 : Travail décent et croissance économique. |
| Fraude contractuelle : Statut d’« extra permanent » pendant des années, aucun contrat écrit, licenciements instantanés sans préavis ni indemnités. | 2. Droits au travail (Négation de la sécurité de l’emploi et des garanties juridiques de base). | ODD 8 : Travail décent. ODD 16 : Paix, justice et institutions efficaces. |
| Abus de temps et de corps : Horaires extensibles la nuit sans majoration, polyvalence forcée, quotas de chambres intenables, fouilles corporelles humiliantes. | 2. Droits au travail (Atteinte à la dignité humaine et non-respect de la législation du temps de travail). | ODD 8 : Travail décent. |
| Violence de genre et de rue : Harcèlement sexuel des serveuses par des clients ivres ou la hiérarchie. Trajets de nuit à pied à minuit sans transport, risques d’agressions. | 3. Protection sociale et 2. Droits au travail (Absence d’environnement de travail sûr et protecteur pour les femmes). | ODD 5 : Égalité entre les sexes. ODD 16 : Sécurité et réduction des violences. |
| Exclusion sociale légale : Absence totale d’affiliation à l’INSS et à la mutuelle de santé, zéro prise en charge en cas d’accident de travail. | 3. Protection sociale (Néant en couverture vieillesse, invalidité et couverture médicale). | ODD 10 : Inégalitésréduites. |
| Néant démocratique : Dispersion des travailleurs, chantage à l’emploi, absence totale de cadre de dialogue ou de représentation face aux patrons. | 4. Dialogue social (Interdiction de fait du droit de s’organiser et de négocier). | ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des objectifs. |
Afin de faire face à ces défis, il a été convenu de mobiliser l’ensemble des acteurs afin qu’ils soient informés des 4 piliers du travail décent et avoir un cadre de dialogue social.
Il a été recommandé aussi d’organiser un atelier de mobilisation et sensibilisation des employeursde bars, hôtels et restaurants sur les droits fondamentaux régissant le monde du travail.






Yves Batungwanayo
CT de la CSB
