Afin de permettre aux travailleurs d’atteindre les 4 piliers du travail décent, la Confédération des Syndicats libres du Burundi (CSB), avec l’appui de WSM (We Social Mouvements), a organisé ce lundi le 16 décembre 2024 à Bujumbura, hôtel CEPRODILIC, un atelier de mobilisation et sensibilisation des travailleurs non structurés pour qu’ils quittent le secteur informel vers le secteur formel : Vers la structuration, la professionnalisation et la syndicalisation pour un travail décent et productif.

Les cibles visées étaient de deux catégories. Les travailleurs mécaniciens et vendeurs des unités de recharge et transfert de monnaie électronique.

Pour le choix de ces groupes cibles ?

1. Vendeurs des Unités :

Ainsi, les vendeurs d’unités de recharge et de transfert de monnaie électronique (transferts des unités, transferts de monnaie électronique comme Ecocash, Lumicash, Enoti, Akaravyo,etc ) rencontrent souvent des situations problématiques qui affectent leur activité. Nous pouvons citer :

  • La forte dépendance aux opérateurs, qui peuvent modifier unilatéralement (absence de dialogue Social) les commissions mais aussi qui peuvent imposer des frais élevés ou des objectifs de vente plus élevés, ce qui limite les revenus de ces travailleurs effectuant les opérations de recharge ou de transfert.  
  • D’autres risques sont imminents entre autre risques liés à la liquidité (disposition d’un équilibre constant entre monnaie électronique et espèces) plafond fixé sans concertation, etc
  •  Inexistence de protection sociale ou juridique pour ces travailleurs (ils n’ont généralement de couverture sociale (contrat de travail, assurance maladie, retraite).En cas de litige avec un client ou un opérateur, ils disposent rarement d’un recours juridique clair. De même, ils sont  exposés à des risques liés aux  clients frauduleux (faux transferts, arnaques), aux  vols ou braquages, car ils manipulent des liquidités.
  • Etc…

Malgré tous ces problèmes, ce sont des travailleurs indépendants ou individuels, ils ne sont pas organisés, ils ne sont pas structurés, ils n’ont pas un organe de plaidoyer pour negocier des conditions de travail favorable pour l’intérêt du travail et des travailleurs. Ils ont besoins de pouvoir négocier des commissions pour garantir une rémunération plus équitable, d’être formés pour le renforcement de leurs compétences, d’avoir un cadre de dialogue social pour gérer les litiges ou accéder à des fonds de roulement, de se syndiquer afin d’accéder à des droits sociaux.

2. Travailleurs mécaniciens :

Les travailleurs mécaniciens sont eux aussi classés dans les groupes de travailleurs de petits métiers non structurés. Ils rencontrent beaucoup de défis liés aux conditions de travail   dont :

  •  Horaires exigeants : Les mécaniciens travaillent souvent de longues heures, y compris les week-ends et les jours fériés sans contre partie avec la rémunération
  • Exposition à des substances toxiques (huiles, solvants, etc.) et à des machines lourdes  qui peut entraîner des risques pour la santé.
  • Fatigue physique : Le travail manuel prolongé, notamment dans des positions inconfortables, peut provoquer des troubles musculo-squelettiques : aucune forme de sécurité au travail
  • Les salaires des mécaniciens sont souvent considérés comme bas par rapport à la technicité du métier et aux exigences physiques qu’il impose.
  • Absence de formations et évolution professionnelle  parfois coûteuses et continues
  • Beaucoup de mécaniciens n’ont pas accès à des programmes de formation adaptées, ce qui peut limiter leur compétitivité sur le marché
  • Le métier est parfois perçu comme peu valorisant, bien que les mécaniciens jouent un rôle essentiel dans la sécurité et la mobilité de tous
  • Le manque de reconnaissance peut affecter la motivation et l’estime de soi.
  • Problèmes économiques pour les indépendants : les mécaniciens à leur compte doivent faire face à des charges financières importantes, notamment les coûts de l’équipement, de l’espace de travail et des licences
  • La concurrence avec de grandes entreprises ou des franchises peut rendre leur activité difficilement rentable
  •  Impact des nouvelles technologies : Les véhicules modernes nécessitent des compétences en informatique et en électronique. Les mécaniciens qui n’évoluent pas risquent de perdre leur emploi.

C’est ainsi qu’ils ont besoin d’être organisés afin :

  • Améliorer les conditions de travail : Fournir des équipements ergonomiques et des mesures de sécurité renforcées.
  • Augmenter les salaires : Valoriser les mécaniciens en ajustant leur rémunération en fonction de leurs compétences et de leur expérience
  • Favoriser la formation continue : Proposer des formations subventionnées pour maîtriser les nouvelles technologies
  • Renforcer la reconnaissance du métier : Mener des campagnes pour sensibiliser le public à l’importance de leur rôle
  • Avoir un cadre de dialogue social
  • Bénéficier des appuis des partenaires sociaux pour le renforcement des capacités, leurs doter des  kits de protections individuelles, etc.

C’est ainsi que la CSB en partenariat avec WSM a organisé un atelier de mobilisation et sensibilisation des travailleurs non structurés pour qu’ils quittent le secteur informel vers le secteur formel : Vers la structuration, la professionnalisation et la syndicalisation pour un travail décent et productif.

Objectif général de l’atelier :

Constituer les syndicats des travailleurs du secteur informel pour la structuration et la professionnalisation.

Objectifs spécifiques

Accompagner les travailleurs transférants les unités et la monnaie électronique à travers les téléphones pour la tenue d’une Assemblée Générale constituant le Syndicat des travailleurs des services de transferts de la monnaie électronique et des unités au Burundi

Accompagner les travailleurs Mécaniciens du Burundi pour la tenue d’une Assemblée Générale constituant le    Syndicat des Travailleurs Mécaniciens du Burundi

La constitution du syndicat des travailleurs mécaniciens et élection des organes

Résultats atteints :

  • Une Assemblée Générale constituante du syndicat National des Mécaniciens du Burundi a été tenue avec élection du comité Exécutif ;
  • Une Assemblée Générale constituante du syndicat des travailleurs de transferts des unités de recharge et la monnaie électronique du Burundi (SYTRAMEBU) avec élection du comité Exécutif 

Une feuille de route a été tracée pour finaliser le processus de demande d’enregistrement.